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Maku – km 8175


Carnet de route > Iran

10 octobre 2013

Après un départ un peu tardif de Dogubayazit, on finit par arriver au poste frontière vers 12h30. C’est l’heure de la pause déjeuner et on patiente jusqu’à 13h30. A partir de ce moment là, les choses sérieuses commencent : Carine et les enfants partent de leur côté avec les passagers des bus et dolmuş et Olivier reste avec les chauffeurs et leurs véhicules.

Le passage de frontière vu par Carine :
Nous passons donc avec les enfants la frontière turque sans encombre : le policier vérifie nos passeports et tamponne la date de sortie et nous fait signe de continuer. Nous traversons un couloir extérieur jusqu’à une grande porte avec IRAN placardé au dessus. Plusieurs hommes avec des paquets attendent devant ; ils me font signe de leur donner les passeports mais je les garde bien avec moi et les contourne pour me diriger vers le soldat en faction tout en vérifiant que je n’oublie aucun des petits en route ; il me demande également les passeports – cette fois ci, je lui les tends ; les photos des enfants le font sourire. Il me les rend et me fait signe de continuer dans le hall plus loin. Nous faisons la queue (tout le monde se pousse un peu et essaye de se passer devant) pour le contrôle des passeports. Le policier me demande de patienter à coté, un policier en uniforme arrive un quart d’heure plus tard et repart avec nos 5 passeports. Nous patientons environ 1 heure assis sur les bancs en regardant la télévision diffusant une émission française doublé en iranien (c’et pas sorcier) et en grignotant du pain, un peu de fromage et des gâteaux. Le policier finit par revenir, me pose des questions (immatriculation du véhicule, destinations en Iran) et finit par me redonner les passeports puis me fait signe de passer de l’autre côté pour la vérification des bagages. Ici, je retrouve l’ambiance des douanes africaines avec les paquets plein de chaussures neuves éventrés, les engueulades entre les douaniers et les passeurs… On nous fait signe de passer et nous sortons du poste frontière attendre Oliv dehors. Ca y est, on est en Iran.

Le passage de frontière vu par Olivier :
Je tape la discute (avec les mains) avec les chauffeurs de dolmuş et quand l’officier arrive, tout le monde se bouscule pour aller se faire tamponner ses papiers. Mes nouveaux potes m’arrangent le coup en poussant un peu les chauffeurs de bus arrivés après moi et en faisant passer mes papiers au préposé. Ensuite, c’est chacun pour soi : tout le monde court vers son véhicule prêt à s’engouffrer dès que la barrière s’ouvre. L’ordre d’arrivée des véhicules a été noté par un officiel turc mais les négociations vont bon train et l’ordre est quelque peu chamboulé ;-) . Les deux portails turcs et iranien s’ouvrent et laissent passer quelques bus et quelques voitures avant de se refermer. J’arrive à passer en faisant un peu le forcing dans le second voyage. Je cours vers la guérite pour déposer mon passeport à l’officier. Je suis dans les premiers mais il semble y a voir un problème. Il n’arrive pas à m’enregistrer et s’énerve sur son ordinateur en maugréant. Derrière moi, ça commence à s’impatienter mais personne ne moufte. Finalement, il met mon passeport de côté et enregistre les autres chauffeurs. Il me fait ensuite signe de le suivre et m’emmène à l’intérieur du poste et demande à son collègue de passer manuellement mon passeport. Son collègue râle parce qu’il a tous les passagers des bus à scanner et quelques autres passeports à passer à la main. Je ne comprends pas tout mais ça s’engueule un peu. Bref, j’attends un petit moment puis je re-remplis la fiche interpol avec empreintes des deux mains (la même que celle du visa) et j’ai finalement mon tampon sur mon passeport. Maintenant, il faut s’attaquer au plus difficile, le passage du camion avec le carnet de passage en douane à se faire tamponner. Je vous passe les détails mais après près de deux heures de paperasses en navigant à l’aveuglette entre officiels et parasites qui essaient de t’accompagner pour faire les démarches avec toi. Je finis avec l’aide d’un officiel qui se révèle ne pas en être un (mais qui passe derrière les bureaux, remplit et tamponne mes papiers !) à récupérer mon carnet de passage en douane tamponné ! Une fois, mon « accompagnateur » rétribué, je retrouve enfin Carine et les filles de l’autre côté de la grille !
Il est 16h30, on ne s’est pas si mal débrouillé que ça mais je suis un peu épuisé nerveusement. Ca y est, on est en Iran !


Une fois cette fameuse frontière traversée, on s’emballe un peu : euphoriques, on part bille en tête direction Tabriz. Au bout de quelques dizaines de kms, on redescend un peu : on n’a pas un rial en poche, presque plus de gasoil dans le réservoir et on est à plus deux heures de route de Tabriz que l’on atteindrait à la nuit. On fait donc demi tour et on décide de se poser à Maku, première ville après la frontière.
Vu le temps qu’on passe à trouver l’hôtel, c’était définitivement la bonne solution. Il faut dire aussi dire que l’on tourne en rond un bon bout de temps dans la banlieue de Maku pensant être en pleine ville. Une fois le centre ville atteint, on trouve l’hôtel assez facilement. Il s’agit d’un hôtel assez classe géré par l’état. Le réceptionniste nous dégote un petite suite et nous installe des matelas par terre pour les petits. C’est le grand luxe après les derniers hôtels que l’on vient d’enchaîner. On mange dans la chambre car il y a une réception privée dans le resto de l’hôtel : un grand plat de riz, des cuisses de poulet et du yaourt salé assis sur le tapis autour de la table basse.
Une nuit de soleil salvatrice et on attaque par un petit déj´ iranien sur le même modèle que le turc (tomate-concombre-œufs-tartines au miel et thé pour tout le monde). Olivier repart ensuite essayer changer de l’argent. Après son échec hier soir au marche noir, on va commencer par changer de quoi payer l’hôtel et le plein de gasoil à la banque et on changera le reste au marche noir a Tabriz a un taux sûrement beaucoup plus intéressant. La réceptionniste nous indique la banque ou aller faire le change : la banque Mellat (il y a un grand nombre de banques en Iran mais peu proposent le change – pour rappel, les sanctions imposées à l’Iran l’isole du réseau bancaire mondial donc pas de cb étrangères et impossibilité de se procurer de rials hors de l’Iran). On rentre faire la queue à la banque Melli (en se disant que Melli et Mellat, c’est kifkif). Et bien pas du tout, le préposé nous assure que ce n’est pas possible et qu’il faut retourner à Bazargan. On trouve finalement la banque Mellat et on arrive à récupérer enfin nos premiers rials (avec un chewing-gum offert par le banquier !).
On règle nos dettes et on part direction Tabriz.

Doğubayazıt – km 8047


Carnet de route > Turquie

8 octobre 2013

Après un petit déj’ dans une ambiance lugubre, nous quittons Bayburt après quelques caprices du camion pour démarrer (il n’apprécie pas le froid).
Le route est toujours aussi belle : travers des paysages magnifiques. Une grande plaine au milieu de montagnes où nous roulons d’ailleurs un peu trop vite et où on se fait prendre au radar sur la 2×2 voies au niveau d’Erzurum. Les policiers nous arrêtent : 122km/h mesurés au lieu des 110 réglementaires. Ils nous dressent une contravention et au moment où l’on s’apprête à payer, le policier nous fait signe de laisser tomber. Il nous donne la contravention mais nous dit de ne pas la payer et de filer vers l’Iran. On espère avoir bien compris et qu’il nous a pas fait signe de continuer pour aller la payer dans je ne sais quelle administration turque à Doguyabazit. Entre cette contravention et le péage qu’on n’a pas payé deux fois de suite du côté d’Izmir, on va finir par être fiché en Turquie. On verra à la frontière si on nous réclame quelque chose !
Avant d’arriver à Dogubayazit, on s’arrête au milieu de nulle part pour un pique nique express (il fait assez froid et il y a du vent) mais surtout pour essayer de ranger un peu la camion. On voudrait passer la frontière avec le camion le plus clean (!!!) possible.
La grande décision est donc prise : on va se séparer de la tente. C’était prévu mais après plusieurs années de bons et loyaux services, la décision était dure à prendre. Elle nous a été fidèle jusqu’au bout en nous laissant finir notre dernière nuit de camping tranquille mais on sait pertinemment que l’on ait pas près d’en avoir à nouveau besoin (de toutes façons, vu son état…).
Arrivée à Dogubayazit en milieu d’après midi. La ville est effectivement poussiéreuse et très encombrée mais on arrive à trouver l’hôtel. Accueil sympa, on s’installe dans une double et une triple à côté l’une de l’autre. La chambre des enfants et celles des adultes !
On sort le soir pour aller manger sans trouver le resto recommandé par le Lonely Planet d’autant plus dur à chercher qu’il y a une coupure d’électricité dans une grande partie de la ville et qu’on y voit pas grand chose. On trouve finalement un resto sympa où on se régale de brochettes de poulet, moussaka et de riz.
Le lendemain, après une matinée d’école, on se ballade dans la ville qui se concentre autour d’une rue piétonnière marchande où l’on retrouve boutiques de fringues, de chaussures de sport, de téléphones portables, etc puis de différentes rues autour où on retrouve les échoppes plus artisanales avec des vendeurs ambulants qui poussent chacun leurs charrettes avec des légumes, des chaussures ou encore de la lessive. On croise également des moutons en liberté qui attendent d’être vendus et au milieu de tout ça, des voitures qui essaient de se frayer un passage. Cerise sur la gâteau, la rue de notre hôtel est en travaux et un tractopelle creuse chaque jour des tranchées vers chacune des habitations.
Ceci dit, la ville nous plait beaucoup et on décide de passer une journée de plus que prévu. On en profite pour faire les lessives et aller visiter le palais d’Itzak Pacha qui surplombe la ville. En arrivant, une partie des enfants est en train de piquer un roupillon et Olivier en profite pour sortir aller faire une photo sur un monticule à côté du palais. A ce moment là, un blindé arrive et se gare sur le parking. La tourelle se tourne et se fixe un instant sur Olivier qui revient illico sur le parking (il y a des installations militaires en bas à la sortie de la ville et les turcs sont assez tatillons là dessus – surtout dans cette partie du pays). En fait, les militaires profitent de la vue et font eux aussi leur photo souvenir !20131017-154455.jpg
Une fois la sieste terminée, on visite le palais : il a été construit entre le 18ème et 19ème siècle pour héberger le sultan et son harem (c’est d’ailleurs le fils d’Itzak Pacha qui verra le palais fini). Une des particularités de ce palais est d’intégrer un système de chauffage central (inédit à l’époque). Nous apprécions notamment les chambres et la salle de réception du harem et la mosquée qui sont des pièces très belles. Le reste est beau aussi mais il s’agit de grandes pièces en pierres nues et moins « parlantes ».
La vue sur la plaine avec la ville qui s’étend est extraordinaire mais il commence à faire nuit : nous redescendons retrouver la ville et l’hôtel. Derniers préparatifs et demain, on essaie de passer en Iran.

Göreme – km 6560


Carnet de route > Turquie

2 octobre 2013

Après la longue traversée de la steppe anatolienne, nous retrouvons la Cappadoce où nous avions déjà séjourné il y a une dizaine d’années. L’endroit est toujours aussi magique. D’autant plus que nous avons finalement choisi l’option camping et que le camping en question (Kaya) est particulièrement sympa : la vue est magnifique, il y a de super douches avec eau chaude, une grande cuisine commune et de l’espace pour les enfants.
Les nuits sont particulièrement fraiches : on dort habillés et on sort les manteaux pour prendre le petit déj’. Nous alternons école et ballades avec notamment la visite de la cité souterraine de Kaymakli. Il s’agit d’un réseau de galeries creusées distribuant différentes pièces l’ensemble s’étendant sur plusieurs étages sous terre. Le côté ludique n’échappe pas aux enfants : on en oublie la claustrophobie et on suit le chemin (balisé) qui nous mène plusieurs mètres sous terre à travers des chatières où nous (les adultes – parfois les deux grandes) sommes obligés de nous accroupir pour passer.

On profite de ce long séjour (6 jours !) pour rattraper notre retard de lessives. On va également une journée à Kayseri où on débarque comme des fleurs à 11h chez le concessionnaire VW pour savoir s’il peut nous prendre le camion pour une vidange. Le planning est complet et il reste au mieux une place pour le lendemain. Avec la gentillesse qui caractérise tant les turcs, notre interlocuteur finit par nous emmener voir le chef d’atelier qui nous arrange le coup et s’occupera du camion dans le journée. Ni une, ni deux, il faut dégager du camion pour le laisser à l’atelier et surtout monter dans la navette du garage qui nous attend pour nous déposer, avec les autres clients, dans le centre ville. Il est donc 11h et il faut nous occuper jusqu’à 17h – heure où nous pouvons récupérer le camion. Nous passons un moment au nouveau centre commercial, fierté de la ville, qui ressemble désespérément à tous les centres commerciaux. Puis nous passons une grande partie de l’après midi dans le parc avant de retourner en tramway au garage. On récupère notre camion avec moult porte-clés et bonbons. Petit épisode pour souligner cette gentillesse turque dont nous bénéficions chaque jour et qui nous permet de toujours retomber sur nos pattes !
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Le plus magique reste quand même les montgolfières qui rythment nos petits déjeuners. Un matin, on descend même assister au gonflage et décollage (lever à 5h !).
Le clou du séjour restera le cadeau d’anniversaire de Carine : un vol en montgolfière accompagnée de Félicie et Sidonie (merci au responsable du camping Kaya de nous avoir si bien négocié le coup (et le coût !)). Une heure à flotter au dessus du paysage incroyable de cette région où l’érosion a formé un paysage si particulier (cheminées de fée, canyons, pitons, etc.).

L’endroit et l’ambiance nous ont autant plu que la dernière fois. Pour un endroit si touristique, nous nous y retrouvons quand même et nous y reviendrons sûrement notamment pour un tour en montgolfière pour Rosalie, Emilien et Olivier et pour pouvoir randonner dans ces paysages si magiques.

Beyşehir – km 5825


Carnet de route > Turquie

26 septembre 2013

La saison avance et on ne voudrait pas arriver trop tard en Cappadoce pour profiter d’un temps clément. On reprend donc la route de bon matin.
On atteint Antalya en fin de matinée et on pousse jusqu’à Serik pour la pause déjeuner. On se trouve (péniblement) un petit resto de brochettes (très bon). On ne tarde pas pour repartir car il est déjà 15h et la route est encore longue…

Après avoir longé la côté méditerranéenne, il est temps de rentrer dans les terres et remonter vers le nord. La route est magnifique notamment le dernier tronçon, une départementale déserte qui rejoint le lac de Beyşehir où se trouve l’hôtel-camping que nous avions repéré.
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Nous arrivons donc à la tombée de la nuit et malgré la fraicheur (relative bien sûr), on décide de camper (on sait que ce sont nos dernières nuit de camping et en plus, cela fait du bien au budget). Le patron nous rouvre le camping qui est un espace qui sert aussi au pique nique l’été des habitants de la ville. Il faut dire que l’on est à côté du lac mais à 12km de la ville. Le camping étant en plus désert, nous sommes un peu seuls au monde ! Le temps de monter la tente, il est l’heure de manger. Vu le prix modique de l’emplacement camping, on fait claquer le second resto à l’hôtel (on est en train de prendre de mauvaises habitudes !).
La nuit est courte et un peu froide. Pour se réchauffer, on démonte la tente et on repart : direction la Cappadoce…

Çıralı – km 5485


Carnet de route > Turquie

25 septembre 2013

Départ donc de Kaş en fin de matinée. On profite que les deux petits dorment pour pousser jusqu’à Demre. La ville s’étend le long de la nationale qui sépare la plage (peu exploitée touristiquement parlant) et d’immenses superficies de serres (en arrivant par le haut de la montagne, la vue est saisissante). Bref, c’est donc ici que les enfants se réveillent et qu’il faut organiser le pique nique minute. On s’arrête sur le bord de la plage. Les photos sont flatteuses mais la réalité l’est un peu moins (souvent le cas !). Les ordures qui trainent, le soleil qui tape et le vieux chien qui vient nous tenir compagnie ne nous encouragent pas à nous attarder outre mesure et nous reprenons la route rapidement pour enfin rejoindre Çıralı.
pique nique à Demre

pique nique à Demre (une carte postale à gagner pour le premier qui trouve le chien)


Un petit aller-retour dans la rue où s’aligne une multitude de pensions et nous finissons par opter (un peu au pif) pour le camping Elfi qui est ouvert (même s’il n’y a presque personne) et qui a l’air sympa. En fait, il s’agit plus ou moins d’un camping mode communautaire / yoga / baba / bouddha très sympa. La déco mode recyclage et les installations mode bricolo donnent une ambiance particulière mais agréable ! Les jeunes qui tiennent le camping ont tous 20-30 ans et prennent la vie calmement en souriant. On s’y pose deux nuits où nous profitons de cette si belle plage (déserte) et de l’ambiance détendue qui règne là.
camping Elfi à Çirali

camping Elfi à Çirali



Nous nous rendons le mardi soir, à la nuit tombée, voire le site de Yanartaş (considéré comme le mont Chimère). Après une montée de marches sur un kilomètre dans la montagne à la lampe frontale, nous atteignons le site lui-même : il s’agit d’orifices dans la roche d’où sort du gaz (principalement du méthane) qui une fois allumé forme une flamme continue. On passe un petit moment à admirer ces différents foyers puis on redescend rejoindre le camion au parking.
La descente (plus fatigante que la montée) n’altère pas le moral des filles (qui ont été particulièrement vaillantes : seule Rosalie a du passer quelques tronçons de la descente dans les bras). Mais le retour au camping dans le camion se finit dans les ronflements de la moitié de l’équipage. Tant mieux pour les parents qui profitent des Gözleme (crêpes locales) au chocolat qu’on avait prévu de leur donner pour les récompenser de leur effort. De toutes façons, qui dort dine…