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Tabriz – km 8577


Carnet de route > Iran

12 octobre 2013

Ce matin, on quitte Maku avec pour premier objectif de trouver du gasoil. Heureusement, on ne tarde pas trop à croiser une station service avec un poids lourd à la pompe. On s’approche et le chauffeur nous fait signe de venir nous garer à côté de lui. On confirme qu’on veut bien du gasoil et il s’arrange avec le gars de la station service pour qu’on se serve sur sa carte. Même pas eu le temps de le remercier qu’il a déjà démarré. Olivier lui court après pour le remercier et lui proposer un billet de dédommagement mais il refuse plusieurs fois et repart. Le sens légendaire de l’hospitalité iranienne n’a pas l’air si légendaire que ça…
On repart donc de bonne humeur d’autant qu’on fait le plein de gasoil pour quelques euros. On roule à travers des paysages qui ressemblent à ceux qu’on vient de traverser en Turquie mais en plus sec. On sent que le pays est moins riche que la Turquie. Les routes, même si elles sont en plutôt bon état, ne sont pas celles que l’on vient de quitter. Les stations services beaucoup moins nombreuses n’ont rien à voir avec celles des turcs (en même temps, les turcs sont des furieux de ce point de vue là) et peu d’échoppes ou de restos le long de la route pour manger. On finit quand même par trouver un resto pour routiers à côté d’une station service. Un peu surpris, les deux gars nous installent et nous commandons trois brochettes de poulet. Le resto est désert (il faut dire qu’il est 14h) et nous avons comme seule compagnie une télé noir et blanc dans un coin qui diffuse un match de catch. Un vrai resto de routier quoi.
On repart ensuite direction Tabriz que nous aimerions rejoindre avant la nuit. La route passe à travers plusieurs villages qui commencent à être de plus en plus importants. Les seuls pièges sont ces ralentisseurs qui surgissent de nulle part et sans indications à l’entrée de ces agglomérations. L’habitude est vite prise et la vigilance est de mise car ces ralentisseurs sont drôlement efficaces.
Au bout d’une heure de trajet, on s’aperçoit que notre sac à dos est resté sous la table au resto. A l’intérieur, nos cartes d’identités, tous les euros retirés pour l’Iran, l’ordinateur, l’iPad, bref tout ce qui est important et que l’on ne laisse pas dans le camion quand on sort ! On fait demi tour en croisant les doigts ! Quand on arrive enfin au resto, le gars sourit, sort le sac à dos du frigo (qui ne fonctionnait pas) et nous le tend. On a envie de l’embrasser. On ne parle qu’avec les gestes mais il comprend qu’on est drôlement content. Il refuse obstinément le billet qu’on voulait lui offrir pour le remercier. Welcome to Iran !
Soulagés, on repart pour Tabriz que l’on atteint en début de soirée en pleine nuit et au milieu des bouchons. Et là, on vérifie que la conduite au volant des iraniens n’est pas si légendaire que ça. Les années Cameroun ont été un bon entraînement mais là, il faut passer la vitesse supérieure car il y a beaucoup de voitures, des feux qu’il ne faut pas respecter, des piétons dont il ne faut pas tenir compte. Le principe est de ne pas se dégonfler. Il faut forcer le passage et qqs cms avant l’impact, le moins courageux freine et l’autre passe. Tout ça, après une après-midi de route, un petit coup de stress, des pancartes en arabe, avec comme seul plan celui du guide, un jeudi soir (équivalent du samedi soir en France), autant vous dire que l’on a passé une bonne heure à naviguer à la boussole (Carine a pu savourer sa revanche vu le nombre de fois où Olivier l’a chambré avec ça) en demandant notre route régulièrement. On finit par trouver le centre ville et se garer un peu à l’arrache sur une avenue. Olivier part à la recherche de l’hôtel avec Félicie et heureusement, la chambre-dortoir (bon plan de la famille Faure) est dispo.

On passe les deux jours suivants à se balader dans Tabriz, principalement dans le bazar qui est particulièrement agréable. On en profite pour changer de l’argent, se familiariser avec les rials, les tomans et les zéros qui vont avec. On essaie différents restos : du fast food dégueu au resto un peu sympa ambiance 60´s. Bref, on prend nos marques !