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Bandar Abbas / Sharjah – Ferry


Carnet de route > Iran

5 novembre 2013

Samedi matin, opérationnels de bon matin, tout le monde est sur le pont pour le grand jour. Le camion est rapidement chargé et on attend les nouvelles du transporteur. On les attend un bon moment et on commence en fin de matinée à entamer les relances par email puis en début d’après midi, par téléphone. Nous n’arrivons pas à joindre le bureau iranien du transporteur, on se venge donc sur le standard de notre interlocuteur basé à Dubaï et qui fait l’intermédiaire. Il y a une panne d’électricité au bureau iranien et ils n’ont pas reçu nos mails. On arrive finalement à les joindre vers la fin d’après midi sur le portable d’une commerciale qui nous assure que tout va bien se passer et qu’elle a juste besoin de l’adresse d’enlèvement. Elle restera ensuite injoignable et nous n’aurons pas plus de nouvelles de la journée.
Le lendemain dimanche, on attaque de bonne heure car, si on a un problème de dernière minute, notre plan B est de prendre avec notre camion le ferry pour Sharjah (à côté de Dubaï) le lendemain soir (mais il faut prendre les billets la veille donc aujourd’hui). En fait, on a reçu pendant la nuit un mail de notre interlocuteur à Dubai qui nous conseille de passer directement à l’agence et nous envoie l’adresse et un plan. Après avoir passé un petit bout de temps à chercher sur le plan, on se rend compte qu’il s’agit d’une adresse à Téhéran ! On commence à monter dans les tours et on les prévient que nous sommes à Bandar Abbas et que s’il y a personne ici, on annule tout et on se débrouille de notre côté. « Mais non, pas de problèmes, on va vous trouver quelqu’un qui gère ça ici. Nous avons un représentant sur place, etc. ». On sent que notre contact à Dubaï commence lui aussi à s’échauffer et met dans la boucle le patron de l’agence iranienne mais à Téhéran, on se veut rassurant : demain matin, première heure, quelqu’un prend contact avec vous et c’est réglé dans la journée.
Effectivement lundi matin vers 8h30, premier mail où on nous demande si notre camion est immatriculé en Iran et s’il s’agit bien d’une exportation et non pas d’un transit. Ce n’est bien sûr pas le cas et là, on nous annonce au minimum 3 jours de délai et là, on craque. Nos visas expirent et il est hors de question que l’on quitte l’Iran en abandonnant notre camion. On envoie un mail en annonçant qu’après les 3 jours passés à échanger des dizaines de mail (sans compter les mails précédents de préparation) et les coups de fils à rallonges passés, on annule finalement tout et que l’on va se débrouiller tout seul.
On plie bagages en 10 minutes chrono, on saute dans le camion et on file vers l’agence qui vend les billets pour le ferry au milieu d’une tempête de sable pour couronner le tout. Grâce aux précieuses infos de Vanessa et Romain (www.vanetroamoto.com), on arrive directement dans le bon bureau où le gars de la compagnie nous dit que c’est vraiment juste pour faire les papiers pour un départ ce soir (il est presque 11 heures). Mais, il est drôlement sympa (et son chef aussi, qui me prie de l’excuser car j’ai assisté à une engueulade tandis qu’on attendait dans son bureau) et ils nous font une attestation précisant que les billets seront émis plus tard. Ils nous disent de nous rendre immédiatement au port pour faire toutes les démarches pour le camion au plus vite (tout ferme à 14h). Quelqu’un de la compagnie viendra nous amener les billets le soir au port à l’embarquement.
On file au port où on enchaine au pas de course toutes les démarches. Autant cela avait été pénible à Bazargan, autant à Bandar Abbas, les différents interlocuteurs sont sympas et compréhensifs. On arrive à faire tous les papiers administratifs (une dizaine de bureaux différents) dans le temps imparti (à 1/4 d’heure près). Soulagés, on repart en ville changer de l’argent pour payer les billets au gars de la compagnie (on a laissé un acompte, on avait pas assez sur nous) et acheter de quoi manger. Retour au port pour une après midi d’attente dans le hall avant de finalement embarquer et s’installer dans le ferry vers 19h. On devait partir vers 21h, ce sera finalement 23h.
Après une petite nuit confortablement installés sur les banquettes, on est réveillé par la télé allumée à 6h30 avec un programme de la télé officielle iranienne où l’on subit pendant une heure le monologue de l’Imam Khameni qui s’adresse à une assemblée d’hommes assis en tailleur qui l’écoutent religieusement en hochant la tête. On sort prendre l’air sur le pont et rejoindre les deux cyclos irlandais (www.toycompasseast.tumblr.com) rencontrés la veille et en route depuis Londres vers le Népal. Il est bientôt 9h et on aperçoit les tours de Sharjah et Dubaï au loin.

20131105_026Le séjour iranien nous aura vraiment beaucoup plu malgré les deux derniers jours d’attente inutile et maintenant, il nous reste à affronter les douanes et la police des Émirats Arabes Unis !!!

Bandar Abbas – km 12094


Carnet de route > Iran

1 novembre 2013

Après s’être débarbouillés le visage au robinet, nous quittons rapidement notre gite de la nuit pour reprendre la route. Il n’y avait déjà pas grand monde hier mais là, on est quasiment tout seul car c’est vendredi matin. On roule longtemps dans le désert en ne traversant que de temps en temps quelques villages. Il fait toujours aussi chaud (35°) et la route est toujours aussi belle. On voit désormais beaucoup de greniers de forme conique et on a parfois le sentiment que l’on pourrait être au Mali !20131101_095
L’indicateur de jauge de gasoil continue de descendre et toujours pas de station service en vue (les seules rencontrées ne distribuaient que de l’essence). Massoud nous avait pourtant prévenu : bien faire le plein avant d’arriver à Bandar Abbas, car les stations services sont rares et mal approvisionnées.
En arrivant à Bandar Lenghe, on retente notre chance sans succès dans une station où il n’y a plus de gasoil et dans une autre avec plein de camions et où tout le monde est en train de gesticuler dans tous les sens. En fait, on comprend au bout de 10mn que c’est la fin de la cuve et qu’il n’y aura plus rien avant 17h le soir.
On décide de continuer car, à quelques litres près, on devrait pouvoir arriver à Bandar Abbas mais c’est plus que tendu. De toutes façons, on se dit que si on tombe en panne sèche, on trouver bien un camion pour nous dépanner de qqs litres. Mais, à la sortie de la ville, on retombe sur une station service avec encore une longue file de camions. En faisant le tour (on a enfin compris que l’on a le droit de passer devant tous les camions quand on a un petit réservoir), on se rend compte qu’il y a bien du gasoil. Comme d’habitude, on est un peu l’attraction quand on débarque et rapidement, un jeune camionneur nous fait signe de se garer à côté de lui et il nous remplit le réservoir sur sa carte !
On repart soulagés et le réservoir plein pour les derniers kms de notre dernière étape iranienne. Sur la fin du parcours, on longe enfin le golfe où on l’on admire la mer d’un bleu incroyable mais où le bord de mer n’incite pas vraiment à la baignade. Nous longeons ensuite le fameux port de Bandar Abbas (le principal port iranien) au milieu des semi-remorques chargés de containers et entrons dans le centre-ville désert (on est toujours vendredi !). Après avoir hésité entre les deux hôtels du guide, on choisit le moins cher (et à priori moins bien) mais, bonne surprise, on nous dégote un mini appart’ avec deux chambres et une mini cuisine comme à Ispahan. Le prix est en plus super intéressant, on est ravis ! Après la nuit et la route que l’on vient de faire et vu les quelques jours que l’on va devoir passer ici, c’est une véritable aubaine.
On vide quasiment tout le camion dans l’appart’ pour faire les lessives et préparer les sacs avec lesquels on va désormais voyager et ceux qui resteront dans le camion pendant la traversée. Le soir, on se ballade dans Bandar Abbas qui nous surprend agréablement comme on a pu l’être à Trabzon en Turquie. Effectivement, il n’y a rien à voir de particulier mais l’ambiance est particulière : peut-être est ce le côté arabe (et non plus perse) mais on penche plutôt pour le côté ville portuaire qui ont une ambiance qui les différencie des autres. Effectivement, il y a beaucoup de trafic (!?) de marchandises : plein de petites boutiques où s’empilent des cartons d’écrans plats, d’électroménager et divers produits. Des camionnettes Zanjan qui chargent et déchargent les dit cartons. En se baladant dans le bazar qui n’a en lui même aucun charme (rien à voir avec ceux de Tabriz ou Ispahan), on est frappé par la quantité des produits et leur côté « occidental » (importé ?!). On rentre même dans un immeuble où sont rassemblés plein de boutiques comme on en trouve beaucoup en Iran mais là, on a vraiment l’impression d’être dans un centre commercial occidental. Étonnant.
Bon, maintenant (vendredi soir) tout est quasiment prêt. Demain matin, on descend les sacs qui restent dans le camion et on l’emmène au port. On va bientôt le quitter mais aussi quitter l’Iran. Dès que l’on a confirmation du départ, il faudra que l’on s’occupe des billets d’avion : on hésite encore sur la destination où aller durant la dizaine de jours de traversée du camion mais Bali arrive en bonne position. Les comparateurs de prix de billets d’avion auront le dernier mot mais avant tout cela, il faut qu’on règle notre histoire de camion !

Ispahan – km 10017


Carnet de route > Iran

25 octobre 2013

Nous rejoignons facilement Ispahan (Esfahan) le vendredi en début d’après midi. C’est le week-end et la ville est très tranquille : idéal pour trouver sans trop de difficultés l’appart’hotel du Lonely Planet et recommandé par les Faure. Manque de bol, c’est complet. Par chance, on aperçoit une enseigne hotel pas loin et il reste de la place. De plus, il s’agit également d’un appart’hotel – idéal pour se poser quelques jours. Ce n’est pas aussi clean que celui prévu mais cela fera parfaitement l’affaire et en plus, c’est moins cher et aussi bien voir mieux placé !
Le fait de pouvoir profiter d’une cuisine, d’un espace où les enfants puissent jouer et travailler, où l’on puisse faire tranquillement nos lessives et où Carine ne soit pas toujours obligé de se voiler est drôlement confortable.
On se (re)pose donc pendant ces 5 jours à Espahan tout en profitant de la ville qui est très agréable à découvrir à pied. On est situé en plein centre et on ne sortira pas une seule fois en voiture. On alterne ballades dans le bazar, visites de mosquées et autres ballades au hasard des rues environnantes. On prend nos petites habitudes chez le primeur et l’épicier du coin qui se montrent de plus en plus loquaces au fil des visites.
20131024_119Nous sommes aussi particulièrement sollicités pour des photos souvenirs : dès que l’on passe sur la place centrale d’Ispahan, cela ne rate pas : on nous arrête pour nous souhaiter la bienvenue, nous demander d’où on vient, si ces 4 enfants sont bien tous les nôtres et quel âge a t on. Les familles iraniennes que l’on a rencontrées ont souvent 1 ou 2 enfants et les ont plutôt vers 35 – 40 ans. Ils sont donc surpris par notre âge et par le fait qu’on ait 4 enfants (« ce n’est pas commun en France, si ? »). Ici, c’est plutôt dans les villages qu’on rencontre des familles nombreuses mais rarement en ville. Les difficultés financières et les incertitudes quant à l’avenir semblent être un frein pour avoir des enfants chez les jeunes couples que l’on a rencontré.
La guerre Iran-Irak (encore très présente notamment à travers les portraits des martyrs que l’on retrouve affichés dans toutes les villes), l’embargo, le mouvement de révolte avorté de 2009 sont autant de frein à l’optimisme chez les jeunes que l’on a rencontrés. Même les élections de juin dernier qui ont donné la majorité aux modérés ne semblent pas être un signe très positif (« les mollahs sont toujours là et freinent tout »)…
Quoiqu’il en soit, les gens sont adorables et à part quelques fois où on est un peu les animaux de cirque avec lesquels on veut poser, on se prête de bonne grâce aux photos souvenir. C’est un moyen simple de remercier les gens pour leur accueil et leur générosité.
Pour en revenir à la ville en elle-même, nous n’avons pas eu le sentiment d’en avoir profité autant que l’on aurait souhaité par rapport aux visites car nous avons passé pas mal de temps dans l’appart’ à alterner école, cuisine, lessive et autres réjouissances d’une vie à nouveau sédentaire (sédentaire pendant 5 jours !). La mosquée du shah et le palais étaient en plus en pleine rénovation et encombrés d’échaffaudages. Bref, il faudra qu’on revienne car l’heure est maintenant au départ car notre l’échéance de notre visa continue à se rapprocher…

Kashan / 2 – km 9739


Carnet de route > Iran

19 octobre 2013

Ce matin, Ali, notre guide pour la journée, nous rejoint comme prévu en début de matinée. On commence par un petit tour dans Aran situé juste au nord de Kashan pour aller visiter une cité souterraine et un réservoir d’eau. La cité souterraine n’a été découverte que récemment (une dizaine d’années) et permettait à près de 2000 habitants de se réfugier en cas d’attaque. On enchaine par la visite du mausolée d’un descendant de Mahommet. On passe un petit moment dans la mosquée et on part déjeuner.
L’après midi, direction le désert (qui est aux portes de la ville) : on emprunte une piste mi-tôle ondulée, mi-sable. On ne roule pas assez vite au goût d’Ali mais on ménage notre camion : on a encore quelques kilomètres à faire avec !
Après une vingtaine de kilomètres dans le désert, nous atteignons les dunes de sables. On part s’y balader et on y passe un long moment. Les enfants sont ravis (les parents aussi). C’est toujours aussi magique de se retrouver en haut d’une dune et de pouvoir admirer l’horizon désert sur 360°. Le temps tourne et Ali veut nous emmener voir le coucher de soleil sur le lac salé qui est encore à une vingtaine de kms.20131019_P1_073_pano

En arrivant au camion, on découvre un des pneus (pourtant quasi neuf) est crevé. C’est la première fois qu’on crève avec notre camion et faut que ça arrive ici !
Après avoir passé une vingtaine de minutes à décrocher la roue de secours et avoir vidé tout le camion pour accéder au cric, on passe encore autant de temps à débloquer les boulons de la roue pour finalement ne pas réussir à l’enlever ! On redescend le camion, on remonte les boulons et on se dit qu’on va avoir l’occasion d’utiliser le gonfleur 12v acheté quelques jours avant le départ (c’est le match retour de la boussole de Carine pour ceux qui suivent). Le gonfleur marche à merveille et regonfle la roue mais la crevaison est si importante que le pneu se dégonfle à vue d’oeil. La nuit commence à tomber et toujours personne à l’horizon.
Et c’est là qu’Olivier pense à l’autre Olivier qui lui a confié le jour du départ un jeu de mèches (pour réparer les crevaisons). On retrouve les mèches assez facilement (un camion bien rangé !), on étudie le mode d’emploi et puisqu’il n’y a pas d’autres solutions, Olivier se résout à planter l’espèce d’outil dans le trou (l’agrandissant au passage et faisant blémir tout le monde) pour insérer la mèche. Impressionnant à faire (en tout cas la première fois) mais le résultat est là : ça tient (du miracle !?) et le pneu n’a pas trop l’air de se dégonfler. On remballe tout rapidement, on rebrousse chemin pour rejoindre (de nuit) la ville. Une fois à Aran, on s’arrête chez un réparateur de pneu qui nous dit que la réparation tiendra et effectivement, le pneu ne se dégonfle pas.
La nuit dans le désert, ça sera pour une prochaine fois et on rentre à Kashan manger avec Ali à la pension. Au final, on aura passé une super journée autant à discuter avec Ali dans un français impeccable où on apprend plein de choses sur la vie d’un jeune de 26 ans en Iran qu’à se balader dans le désert et jouer dans les dunes. Demain, on continue vers Ispahan car l’échéance du visa nous oblige à ne pas trop tarder en route…

Kashan – km 9676


Carnet de route > Iran

18 octobre 2013

Départ sans petit déj’ ce matin : la petite épicerie où nous avions pris l’habitude d’aller acheter notre litron de lait quotidien et les petits gâteaux du petit déj’ est fermée. En fait, la quasi totalité des magasins est fermée et pourtant nous ne sommes pas vendredi, mais ce jeudi est un jour férié et tout le monde profite de ce long week end pour partir ou se retrouver en famille. On quitte donc un Qazvin quasi désert pour retrouver l’autoroute qui est en revanche un peu plus fréquentée que d’habitude quand on s’approche de Téhéran. Pour éviter de se trouver coincer les bouchons à Téhéran, on tente un audacieux contournement par les routes secondaires. On finit par retomber (après quelques sondages auprès des passants et quelques demi-tours) sur une route qui n’était pas celle que l’on comptait prendre mais qui part dans la même direction.

Les iraniens sont de fervents adeptes du pique-nique. On trouve souvent dans des villes ou villages des lieux spécialement emménagés pour pique-niquer : des petites cabanes dans des parcs. Sinon, les familles s’installent sur le bord de la route (ou de l’autoroute), dans les parcs ou les parkings sur un tapis ou une couverture avec un mini barbecue. Bref partout, sauf sur les aires d’autoroutes (ou en tous cas, celles qu’on a essayées). Ce jour de grand week-end, on voit des voitures se rejoindre pour pique-niquer ensemble. Nous, on se contente d’acheter de misérables chips et gâteaux (pas vraiment le choix) dans la petite boutique prise d’assaut par les iraniens qui viennent majoritairement y acheter des glaces. On s’installe à l’ombre d’un panneau publicitaire et on mange dans le camion car il faut chaud dehors et il n’y a pas d’endroit où s’installer.

On hésite à continuer directement vers Esfahan (Ispahan) car la route y mène directement mais on décide quand même de s’arrêter à Kashan qui avait l’air d’être une ville sympa. On quitte donc l’autoroute et on rejoint Kashan par une route secondaire difficile à trouver mais super belle. Ce grand week end de vacances a du bon car on arrive en ville très facilement mais en contre partie, il y a beaucoup de touristes (surtout iraniens). Il existe en ville deux maisons traditionnelles transformées en hôtels/chambres d’hôtes. La première affiche complet et heureusement dans la seconde, les proprios nous trouvent une chambre triple disponible uniquement pour le soir. On s’y installe avec d’autant plus de plaisir que l’endroit est très beau et que personne n’était motivé pour reprendre la route. Beaucoup d’Iraniens se retrouvent là en famille et on en profite pour discuter pas mal avec eux. Une famille vient de Téhéran et passe le grand week-end ici et ira se promener le lendemain dans le désert. On rencontre également un jeune couple d’Iraniens qui vivent en Australie et qui reviennent au pays pour les vacances avec leur bébé. Ce sont d’ailleurs eux qui se démènent pour nous trouver un endroit où dormir pour le lendemain car nous avions bien envie de passer un peu plus de temps dans cette ville sympa. Après quelques coups de fils et grâce à un cousin qui habite là, ils arrivent à nous dégoter une chambre dans l’autre pension pour le lendemain.

Nous avons donc le temps de nous balader dans Kashan le vendredi. Nous visitons notamment la Maison des Tabatabaei, une des très belles maisons historiques de la ville. Il s’agit d’une maison construite autour de 1840 pour la famille des Tabātabāei, fameux marchands de tapis. Nous retournons à la Noghli Historical House pour un déjeuner traditionnel (et c’est autre chose que le poulet grillé du fast food d’hier soir – même si nous avons passé un moment sympa avec les jeunes là bas) puis on transfère nos affaires à l’Ehsan Guest House où nous prenons nos nouveaux quartiers. Là encore, l’endroit est magnifique. Une grande cour avec un bassin autour de laquelle les chambres sont disposées. Nous nous installons dans une chambre souterraine voutée qui communique avec une autre chambre grâce à un petit couloir d’un mètre de hauteur environ. Inutile de préciser que les enfants ont adorés ! Les chambres sont traditionnelles : un tapis par terre pour tout mobilier et on déplie un fin matelas sur le sol et des couvertures pour dormir.

Ces trois jours à Kashan nous ont réconciliés avec les villes touristiques. Certes il ne s’agit pas d’une grande ville mais les quelques attractions (les maisons historiques notamment) attirent du monde (beaucoup d’Iraniens d’ailleurs durant ce long week end) et les quelques guides (officiels ou non) que nous avons rencontrés ont tous été très sympas et pas du tout insistants. A tel point, qu’on est retourné voir l’un d’entre eux pour voir comment on pourrait organiser un tour dans le désert qui est juste aux portes de la ville. Il nous met en contact avec un guide francophone Ali qui viendra nous rejoindre demain matin pour nous emmener dans le désert et aller dormir dans un caravansérail (on a bien fait de ne pas se séparer de nos duvets avec la tente !).

Tabriz – km 8577


Carnet de route > Iran

12 octobre 2013

Ce matin, on quitte Maku avec pour premier objectif de trouver du gasoil. Heureusement, on ne tarde pas trop à croiser une station service avec un poids lourd à la pompe. On s’approche et le chauffeur nous fait signe de venir nous garer à côté de lui. On confirme qu’on veut bien du gasoil et il s’arrange avec le gars de la station service pour qu’on se serve sur sa carte. Même pas eu le temps de le remercier qu’il a déjà démarré. Olivier lui court après pour le remercier et lui proposer un billet de dédommagement mais il refuse plusieurs fois et repart. Le sens légendaire de l’hospitalité iranienne n’a pas l’air si légendaire que ça…
On repart donc de bonne humeur d’autant qu’on fait le plein de gasoil pour quelques euros. On roule à travers des paysages qui ressemblent à ceux qu’on vient de traverser en Turquie mais en plus sec. On sent que le pays est moins riche que la Turquie. Les routes, même si elles sont en plutôt bon état, ne sont pas celles que l’on vient de quitter. Les stations services beaucoup moins nombreuses n’ont rien à voir avec celles des turcs (en même temps, les turcs sont des furieux de ce point de vue là) et peu d’échoppes ou de restos le long de la route pour manger. On finit quand même par trouver un resto pour routiers à côté d’une station service. Un peu surpris, les deux gars nous installent et nous commandons trois brochettes de poulet. Le resto est désert (il faut dire qu’il est 14h) et nous avons comme seule compagnie une télé noir et blanc dans un coin qui diffuse un match de catch. Un vrai resto de routier quoi.
On repart ensuite direction Tabriz que nous aimerions rejoindre avant la nuit. La route passe à travers plusieurs villages qui commencent à être de plus en plus importants. Les seuls pièges sont ces ralentisseurs qui surgissent de nulle part et sans indications à l’entrée de ces agglomérations. L’habitude est vite prise et la vigilance est de mise car ces ralentisseurs sont drôlement efficaces.
Au bout d’une heure de trajet, on s’aperçoit que notre sac à dos est resté sous la table au resto. A l’intérieur, nos cartes d’identités, tous les euros retirés pour l’Iran, l’ordinateur, l’iPad, bref tout ce qui est important et que l’on ne laisse pas dans le camion quand on sort ! On fait demi tour en croisant les doigts ! Quand on arrive enfin au resto, le gars sourit, sort le sac à dos du frigo (qui ne fonctionnait pas) et nous le tend. On a envie de l’embrasser. On ne parle qu’avec les gestes mais il comprend qu’on est drôlement content. Il refuse obstinément le billet qu’on voulait lui offrir pour le remercier. Welcome to Iran !
Soulagés, on repart pour Tabriz que l’on atteint en début de soirée en pleine nuit et au milieu des bouchons. Et là, on vérifie que la conduite au volant des iraniens n’est pas si légendaire que ça. Les années Cameroun ont été un bon entraînement mais là, il faut passer la vitesse supérieure car il y a beaucoup de voitures, des feux qu’il ne faut pas respecter, des piétons dont il ne faut pas tenir compte. Le principe est de ne pas se dégonfler. Il faut forcer le passage et qqs cms avant l’impact, le moins courageux freine et l’autre passe. Tout ça, après une après-midi de route, un petit coup de stress, des pancartes en arabe, avec comme seul plan celui du guide, un jeudi soir (équivalent du samedi soir en France), autant vous dire que l’on a passé une bonne heure à naviguer à la boussole (Carine a pu savourer sa revanche vu le nombre de fois où Olivier l’a chambré avec ça) en demandant notre route régulièrement. On finit par trouver le centre ville et se garer un peu à l’arrache sur une avenue. Olivier part à la recherche de l’hôtel avec Félicie et heureusement, la chambre-dortoir (bon plan de la famille Faure) est dispo.

On passe les deux jours suivants à se balader dans Tabriz, principalement dans le bazar qui est particulièrement agréable. On en profite pour changer de l’argent, se familiariser avec les rials, les tomans et les zéros qui vont avec. On essaie différents restos : du fast food dégueu au resto un peu sympa ambiance 60´s. Bref, on prend nos marques !

Maku – km 8175


Carnet de route > Iran

10 octobre 2013

Après un départ un peu tardif de Dogubayazit, on finit par arriver au poste frontière vers 12h30. C’est l’heure de la pause déjeuner et on patiente jusqu’à 13h30. A partir de ce moment là, les choses sérieuses commencent : Carine et les enfants partent de leur côté avec les passagers des bus et dolmuş et Olivier reste avec les chauffeurs et leurs véhicules.

Le passage de frontière vu par Carine :
Nous passons donc avec les enfants la frontière turque sans encombre : le policier vérifie nos passeports et tamponne la date de sortie et nous fait signe de continuer. Nous traversons un couloir extérieur jusqu’à une grande porte avec IRAN placardé au dessus. Plusieurs hommes avec des paquets attendent devant ; ils me font signe de leur donner les passeports mais je les garde bien avec moi et les contourne pour me diriger vers le soldat en faction tout en vérifiant que je n’oublie aucun des petits en route ; il me demande également les passeports – cette fois ci, je lui les tends ; les photos des enfants le font sourire. Il me les rend et me fait signe de continuer dans le hall plus loin. Nous faisons la queue (tout le monde se pousse un peu et essaye de se passer devant) pour le contrôle des passeports. Le policier me demande de patienter à coté, un policier en uniforme arrive un quart d’heure plus tard et repart avec nos 5 passeports. Nous patientons environ 1 heure assis sur les bancs en regardant la télévision diffusant une émission française doublé en iranien (c’et pas sorcier) et en grignotant du pain, un peu de fromage et des gâteaux. Le policier finit par revenir, me pose des questions (immatriculation du véhicule, destinations en Iran) et finit par me redonner les passeports puis me fait signe de passer de l’autre côté pour la vérification des bagages. Ici, je retrouve l’ambiance des douanes africaines avec les paquets plein de chaussures neuves éventrés, les engueulades entre les douaniers et les passeurs… On nous fait signe de passer et nous sortons du poste frontière attendre Oliv dehors. Ca y est, on est en Iran.

Le passage de frontière vu par Olivier :
Je tape la discute (avec les mains) avec les chauffeurs de dolmuş et quand l’officier arrive, tout le monde se bouscule pour aller se faire tamponner ses papiers. Mes nouveaux potes m’arrangent le coup en poussant un peu les chauffeurs de bus arrivés après moi et en faisant passer mes papiers au préposé. Ensuite, c’est chacun pour soi : tout le monde court vers son véhicule prêt à s’engouffrer dès que la barrière s’ouvre. L’ordre d’arrivée des véhicules a été noté par un officiel turc mais les négociations vont bon train et l’ordre est quelque peu chamboulé ;-) . Les deux portails turcs et iranien s’ouvrent et laissent passer quelques bus et quelques voitures avant de se refermer. J’arrive à passer en faisant un peu le forcing dans le second voyage. Je cours vers la guérite pour déposer mon passeport à l’officier. Je suis dans les premiers mais il semble y a voir un problème. Il n’arrive pas à m’enregistrer et s’énerve sur son ordinateur en maugréant. Derrière moi, ça commence à s’impatienter mais personne ne moufte. Finalement, il met mon passeport de côté et enregistre les autres chauffeurs. Il me fait ensuite signe de le suivre et m’emmène à l’intérieur du poste et demande à son collègue de passer manuellement mon passeport. Son collègue râle parce qu’il a tous les passagers des bus à scanner et quelques autres passeports à passer à la main. Je ne comprends pas tout mais ça s’engueule un peu. Bref, j’attends un petit moment puis je re-remplis la fiche interpol avec empreintes des deux mains (la même que celle du visa) et j’ai finalement mon tampon sur mon passeport. Maintenant, il faut s’attaquer au plus difficile, le passage du camion avec le carnet de passage en douane à se faire tamponner. Je vous passe les détails mais après près de deux heures de paperasses en navigant à l’aveuglette entre officiels et parasites qui essaient de t’accompagner pour faire les démarches avec toi. Je finis avec l’aide d’un officiel qui se révèle ne pas en être un (mais qui passe derrière les bureaux, remplit et tamponne mes papiers !) à récupérer mon carnet de passage en douane tamponné ! Une fois, mon « accompagnateur » rétribué, je retrouve enfin Carine et les filles de l’autre côté de la grille !
Il est 16h30, on ne s’est pas si mal débrouillé que ça mais je suis un peu épuisé nerveusement. Ca y est, on est en Iran !


Une fois cette fameuse frontière traversée, on s’emballe un peu : euphoriques, on part bille en tête direction Tabriz. Au bout de quelques dizaines de kms, on redescend un peu : on n’a pas un rial en poche, presque plus de gasoil dans le réservoir et on est à plus deux heures de route de Tabriz que l’on atteindrait à la nuit. On fait donc demi tour et on décide de se poser à Maku, première ville après la frontière.
Vu le temps qu’on passe à trouver l’hôtel, c’était définitivement la bonne solution. Il faut dire aussi dire que l’on tourne en rond un bon bout de temps dans la banlieue de Maku pensant être en pleine ville. Une fois le centre ville atteint, on trouve l’hôtel assez facilement. Il s’agit d’un hôtel assez classe géré par l’état. Le réceptionniste nous dégote un petite suite et nous installe des matelas par terre pour les petits. C’est le grand luxe après les derniers hôtels que l’on vient d’enchaîner. On mange dans la chambre car il y a une réception privée dans le resto de l’hôtel : un grand plat de riz, des cuisses de poulet et du yaourt salé assis sur le tapis autour de la table basse.
Une nuit de soleil salvatrice et on attaque par un petit déj´ iranien sur le même modèle que le turc (tomate-concombre-œufs-tartines au miel et thé pour tout le monde). Olivier repart ensuite essayer changer de l’argent. Après son échec hier soir au marche noir, on va commencer par changer de quoi payer l’hôtel et le plein de gasoil à la banque et on changera le reste au marche noir a Tabriz a un taux sûrement beaucoup plus intéressant. La réceptionniste nous indique la banque ou aller faire le change : la banque Mellat (il y a un grand nombre de banques en Iran mais peu proposent le change – pour rappel, les sanctions imposées à l’Iran l’isole du réseau bancaire mondial donc pas de cb étrangères et impossibilité de se procurer de rials hors de l’Iran). On rentre faire la queue à la banque Melli (en se disant que Melli et Mellat, c’est kifkif). Et bien pas du tout, le préposé nous assure que ce n’est pas possible et qu’il faut retourner à Bazargan. On trouve finalement la banque Mellat et on arrive à récupérer enfin nos premiers rials (avec un chewing-gum offert par le banquier !).
On règle nos dettes et on part direction Tabriz.

Doğubayazıt – km 8047


Carnet de route > Turquie

8 octobre 2013

Après un petit déj’ dans une ambiance lugubre, nous quittons Bayburt après quelques caprices du camion pour démarrer (il n’apprécie pas le froid).
Le route est toujours aussi belle : travers des paysages magnifiques. Une grande plaine au milieu de montagnes où nous roulons d’ailleurs un peu trop vite et où on se fait prendre au radar sur la 2×2 voies au niveau d’Erzurum. Les policiers nous arrêtent : 122km/h mesurés au lieu des 110 réglementaires. Ils nous dressent une contravention et au moment où l’on s’apprête à payer, le policier nous fait signe de laisser tomber. Il nous donne la contravention mais nous dit de ne pas la payer et de filer vers l’Iran. On espère avoir bien compris et qu’il nous a pas fait signe de continuer pour aller la payer dans je ne sais quelle administration turque à Doguyabazit. Entre cette contravention et le péage qu’on n’a pas payé deux fois de suite du côté d’Izmir, on va finir par être fiché en Turquie. On verra à la frontière si on nous réclame quelque chose !
Avant d’arriver à Dogubayazit, on s’arrête au milieu de nulle part pour un pique nique express (il fait assez froid et il y a du vent) mais surtout pour essayer de ranger un peu la camion. On voudrait passer la frontière avec le camion le plus clean (!!!) possible.
La grande décision est donc prise : on va se séparer de la tente. C’était prévu mais après plusieurs années de bons et loyaux services, la décision était dure à prendre. Elle nous a été fidèle jusqu’au bout en nous laissant finir notre dernière nuit de camping tranquille mais on sait pertinemment que l’on ait pas près d’en avoir à nouveau besoin (de toutes façons, vu son état…).
Arrivée à Dogubayazit en milieu d’après midi. La ville est effectivement poussiéreuse et très encombrée mais on arrive à trouver l’hôtel. Accueil sympa, on s’installe dans une double et une triple à côté l’une de l’autre. La chambre des enfants et celles des adultes !
On sort le soir pour aller manger sans trouver le resto recommandé par le Lonely Planet d’autant plus dur à chercher qu’il y a une coupure d’électricité dans une grande partie de la ville et qu’on y voit pas grand chose. On trouve finalement un resto sympa où on se régale de brochettes de poulet, moussaka et de riz.
Le lendemain, après une matinée d’école, on se ballade dans la ville qui se concentre autour d’une rue piétonnière marchande où l’on retrouve boutiques de fringues, de chaussures de sport, de téléphones portables, etc puis de différentes rues autour où on retrouve les échoppes plus artisanales avec des vendeurs ambulants qui poussent chacun leurs charrettes avec des légumes, des chaussures ou encore de la lessive. On croise également des moutons en liberté qui attendent d’être vendus et au milieu de tout ça, des voitures qui essaient de se frayer un passage. Cerise sur la gâteau, la rue de notre hôtel est en travaux et un tractopelle creuse chaque jour des tranchées vers chacune des habitations.
Ceci dit, la ville nous plait beaucoup et on décide de passer une journée de plus que prévu. On en profite pour faire les lessives et aller visiter le palais d’Itzak Pacha qui surplombe la ville. En arrivant, une partie des enfants est en train de piquer un roupillon et Olivier en profite pour sortir aller faire une photo sur un monticule à côté du palais. A ce moment là, un blindé arrive et se gare sur le parking. La tourelle se tourne et se fixe un instant sur Olivier qui revient illico sur le parking (il y a des installations militaires en bas à la sortie de la ville et les turcs sont assez tatillons là dessus – surtout dans cette partie du pays). En fait, les militaires profitent de la vue et font eux aussi leur photo souvenir !20131017-154455.jpg
Une fois la sieste terminée, on visite le palais : il a été construit entre le 18ème et 19ème siècle pour héberger le sultan et son harem (c’est d’ailleurs le fils d’Itzak Pacha qui verra le palais fini). Une des particularités de ce palais est d’intégrer un système de chauffage central (inédit à l’époque). Nous apprécions notamment les chambres et la salle de réception du harem et la mosquée qui sont des pièces très belles. Le reste est beau aussi mais il s’agit de grandes pièces en pierres nues et moins « parlantes ».
La vue sur la plaine avec la ville qui s’étend est extraordinaire mais il commence à faire nuit : nous redescendons retrouver la ville et l’hôtel. Derniers préparatifs et demain, on essaie de passer en Iran.