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Sharjah (arrivée au port) – km 12094


Carnet de route > Emirats Arabes Unis

5 novembre 2013

Nos deux nouveaux potes routiers turcs nous font signe de les rejoindre. Nous avons tous les 8 un traitement de faveur : nous serons les premiers à quitter le ferry dans nos véhicules. Après quelques mètres dans les Émirats Arabes Unis, nous nous arrêtons net en abandonnant nos véhicules pour rejoindre les autres passages dans un bus qui nous amène au bureau de l’immigration. Le traitement VIP aura été de courte durée…
Après une fouille en bonne et due forme du sac à main de Carine et un peu d’attente, nous ressortons avec nos passeports tamponnés mais le plus dur n’est pas encore fait. Nous rejoignons le camion et commence alors le marathon. Olivier part à pied retirer des dirhams au distributeur qui se trouve à la sortie du port tandis que Carine et les enfants attendent dans le préfabriqué climatisé de l’agent de la compagnie de transport. Une fois payé le transport, il s’agit d’aller tamponner et faire faire différents formulaires à différents bureaux dans le port. Tout s’enchaine à peu près bien jusqu’au moment où on attend l’inspecteur des douanes qui n’arrive pas. Olivier revient à la charge plusieurs fois dans le bureau pour être sûr de bien avoir compris. Mais toujours personne. Il fait 40° et pas un bout d’ombre. Les enfants cuisent à l’étouffée dans le camion (on laisse quand même les portes ouvertes !) et commencent à en avoir ras le bol (nous aussi). On a faim et on est pressé d’en finir alors on sort l’arme ultime : on met les enfants dehors (en face du bureau des douaniers) en leur demandant de faire du bruit et de râler (on n’a pas vraiment besoin de leur demander d’ailleurs).
L’accueil des émiratis dans les différents bureaux a pour l’instant été plutôt sympa (sauf un mauvais coucheur qui a mis Olivier de mauvaise humeur pendant un bon moment) mais là, on commence à craquer. Heureusement, l’inspecteur se pointe et s’excuse de son retard. Il regarde à peine ce qu’il y a dans le coffre et nous tamponne notre fameux bordereau. Olivier retourne pour la énième fois au bureau central où le chef de service commence à demander 120 dirhams supplémentaires sinon il faut revenir demain matin. Olivier explique que cela fait plus d’une heure que l’on attend les douanes et le gars de répliquer qu’il s’en fiche, lui c’est l’autorité portuaire. L’employé émirati (le chef de service était indien) au comptoir et qui m’avait offert les photocopies un peu plus tôt dans la matinée, m’arrange le coup en amadouant son chef et en me sortant le fameux sésame pour quitter le port (qu’il faut encore faire valider dans un autre bureau à l’autre bout du port). L’autre bureau est vide (c’est la pause) mais heureusement, en faisant le forcing auprès du gars de l’agence, on arrive à le faire revenir pour tamponner notre fichu bon de sortie.
Ouf, il est 15h, on est crevé mais ça y est, on a réussi : Sharjah, nous voilà !

Bandar Abbas / Sharjah – Ferry


Carnet de route > Iran

Samedi matin, opérationnels de bon matin, tout le monde est sur le pont pour le grand jour. Le camion est rapidement chargé et on attend les nouvelles du transporteur. On les attend un bon moment et on commence en fin de matinée à entamer les relances par email puis en début d’après midi, par téléphone. Nous n’arrivons pas à joindre le bureau iranien du transporteur, on se venge donc sur le standard de notre interlocuteur basé à Dubaï et qui fait l’intermédiaire. Il y a une panne d’électricité au bureau iranien et ils n’ont pas reçu nos mails. On arrive finalement à les joindre vers la fin d’après midi sur le portable d’une commerciale qui nous assure que tout va bien se passer et qu’elle a juste besoin de l’adresse d’enlèvement. Elle restera ensuite injoignable et nous n’aurons pas plus de nouvelles de la journée.
Le lendemain dimanche, on attaque de bonne heure car, si on a un problème de dernière minute, notre plan B est de prendre avec notre camion le ferry pour Sharjah (à côté de Dubaï) le lendemain soir (mais il faut prendre les billets la veille donc aujourd’hui). En fait, on a reçu pendant la nuit un mail de notre interlocuteur à Dubai qui nous conseille de passer directement à l’agence et nous envoie l’adresse et un plan. Après avoir passé un petit bout de temps à chercher sur le plan, on se rend compte qu’il s’agit d’une adresse à Téhéran ! On commence à monter dans les tours et on les prévient que nous sommes à Bandar Abbas et que s’il y a personne ici, on annule tout et on se débrouille de notre côté. « Mais non, pas de problèmes, on va vous trouver quelqu’un qui gère ça ici. Nous avons un représentant sur place, etc. ». On sent que notre contact à Dubaï commence lui aussi à s’échauffer et met dans la boucle le patron de l’agence iranienne mais à Téhéran, on se veut rassurant : demain matin, première heure, quelqu’un prend contact avec vous et c’est réglé dans la journée.
Effectivement lundi matin vers 8h30, premier mail où on nous demande si notre camion est immatriculé en Iran et s’il s’agit bien d’une exportation et non pas d’un transit. Ce n’est bien sûr pas le cas et là, on nous annonce au minimum 3 jours de délai et là, on craque. Nos visas expirent et il est hors de question que l’on quitte l’Iran en abandonnant notre camion. On envoie un mail en annonçant qu’après les 3 jours passés à échanger des dizaines de mail (sans compter les mails précédents de préparation) et les coups de fils à rallonges passés, on annule finalement tout et que l’on va se débrouiller tout seul.
On plie bagages en 10 minutes chrono, on saute dans le camion et on file vers l’agence qui vend les billets pour le ferry au milieu d’une tempête de sable pour couronner le tout. Grâce aux précieuses infos de Vanessa et Romain (www.vanetroamoto.com), on arrive directement dans le bon bureau où le gars de la compagnie nous dit que c’est vraiment juste pour faire les papiers pour un départ ce soir (il est presque 11 heures). Mais, il est drôlement sympa (et son chef aussi, qui me prie de l’excuser car j’ai assisté à une engueulade tandis qu’on attendait dans son bureau) et ils nous font une attestation précisant que les billets seront émis plus tard. Ils nous disent de nous rendre immédiatement au port pour faire toutes les démarches pour le camion au plus vite (tout ferme à 14h). Quelqu’un de la compagnie viendra nous amener les billets le soir au port à l’embarquement.
On file au port où on enchaine au pas de course toutes les démarches. Autant cela avait été pénible à Bazargan, autant à Bandar Abbas, les différents interlocuteurs sont sympas et compréhensifs. On arrive à faire tous les papiers administratifs (une dizaine de bureaux différents) dans le temps imparti (à 1/4 d’heure près). Soulagés, on repart en ville changer de l’argent pour payer les billets au gars de la compagnie (on a laissé un acompte, on avait pas assez sur nous) et acheter de quoi manger. Retour au port pour une après midi d’attente dans le hall avant de finalement embarquer et s’installer dans le ferry vers 19h. On devait partir vers 21h, ce sera finalement 23h.
Après une petite nuit confortablement installés sur les banquettes, on est réveillé par la télé allumée à 6h30 avec un programme de la télé officielle iranienne où l’on subit pendant une heure le monologue de l’Imam Khameni qui s’adresse à une assemblée d’hommes assis en tailleur qui l’écoutent religieusement en hochant la tête. On sort prendre l’air sur le pont et rejoindre les deux cyclos irlandais (www.toycompasseast.tumblr.com) rencontrés la veille et en route depuis Londres vers le Népal. Il est bientôt 9h et on aperçoit les tours de Sharjah et Dubaï au loin.

20131105_026Le séjour iranien nous aura vraiment beaucoup plu malgré les deux derniers jours d’attente inutile et maintenant, il nous reste à affronter les douanes et la police des Émirats Arabes Unis !!!