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Kerobogan / Bali


Carnet de route > Indonésie

11 novembre 2013

Petite surprise de dernière minute à l’aéroport de Dubaï : au moment d’enregistrer les bagages, l’hôtesse nous demande si on a bien un billet retour !? Nous avons pris un aller simple car nous comptons prendre le billet retour Bali-Kuala Lumpur au dernier moment en fonction du jour d’arrivée exact du camion au port pour passer le plus de temps possible à Bali. Mais ce n’était pas une bonne idée : les autorités indonésiennes demandent à ce que les voyageurs puissent justifier de leur billet retour dans le cadre des visas tourisme (émis à l’arrivée). C’est le cas dans pas mal de pays mais en Indonésie, c’est apparemment demandé systématiquement et vérifié. L’hôtesse se fait confirmer par un de ces collègues puis par un responsable.
Elle nous met donc de côté nos bagages et nous demande d’aller acheter un billet retour à l’agence de voyage de l’aéroport. On n’a pas vraiment le choix (finalement, le prix est quasiment celui qu’on avait vu sur internet) et nous aurons donc 10 jours pour profiter de Bali. Un peu court mais on fera avec.
Le baptême de l’air pour Emilien se passe bien et après une petite correspondance à Kuala Lumpur, on atterrit à Denpasar sur l’île de Bali en Indonésie et effectivement, au contrôle d’immigration, le policier nous demande nos billets retour !
En sortant de l’aéroport, on sent tout de suite cette chaleur humide (c’est en plus le début de la saison des pluies) caractéristique des pays tropicaux. Nous sommes surtout frappés par le changement d’échelle et le foisonnement de détails : en venant de l’Iran ou de Dubaï, le contraste est assez saisissant. Les routes sont assez étroites et bordées en continu d’échoppes ou d’habitations. L’architecture est très « chargée » et colorée. Le taxi nous mène directement à l’hôtel situé dans un village résidentiel de Denpasar (la capitale) que nous avons choisi pour nous permettre de rencontrer la famille Faure qui loge pas loin. Nous les rejoignons dans l’après midi et nous passons la soirée ensemble. Notre première rencontre de famille en voyage ! C’est agréable de discuter et de partager nos expériences et les enfants en profitent tout autant. On décide de se retrouver dès le lendemain après-midi pour aller ensemble à la plage (double 6 beach).20131111_035 Les enfants sont ravis de retrouver la plage et découvrir les joies du « surf » pour Félicie et Sidonie. Là encore, après avoir passés de nombreuses semaines en Iran ou dans l’est de la Turquie, se retrouver dans un tel environnement est déstabilisant. Il y a un nombre incroyable de touristes et pourtant nous ne sommes pas en pleine saison !
Après un repas dans un petit resto à côté et une douzaine de glaces à l’épicerie, nous quittons la famille Faure : eux continuent demain pour Java, l’île juste à l’ouest de Bali, et nous, nous rentrerons dans les terres pour rejoindre Ubud.

Sharjah – km 12296


Carnet de route > Emirats Arabes Unis

9 novembre 2013

Une fois, enfin débarrassés des tracasseries administratives, il nous reste à trouver à nous loger à un prix abordable. Nous décidons de ne pas tenter notre chance à Dubaï situé à quelques kilomètres de là (les deux villes et états se touchent) car les prix y sont plus élevés. Sharjah est un émirat plus strict que celui de Dubaï (pas d’alcool, pas de vêtement au dessus du genou, etc.) et étant moins cher, il permet à tous ceux qui travaillent à Dubaï de se loger ici. On s’éloigne du front de mer et on va tenter notre chance en plein centre ville. Beaucoup de magasins mais peu d’hôtels dans ce coin là. On finit par dégoter un hôtel basique deux étoiles pas vraiment classe mais on est hors budget. On repart en chasse en tablant sur un hôtel 1 étoile (ou sans, si ça existe) et au détour d’un bloc, donnant dans une rue intérieure, on aperçoit une enseigne City Hotel. C’est justement un hôtel une étoile tenu par des indiens où on négocie (tout est possible !) deux doubles côte à côte pour moins de la moitié du prix du premier ! C’est un peu vieillot, ça sent la bouffe indienne un peu partout mais ça fera parfaitement l’affaire.

On se sent rapidement à l’aise dans le quartier. C’est agréable d’être dans cette partie de la ville qui concentre des habitations et des petits magasins : c’est animé à toute heure de la journée et on sent que l’on est dans la vraie vie, à des années lumières d’un hôtel-ressort situé sur la plage à quelques centaines de mètres de là. La population est cosmopolite et vient d’un peu partout autour : Inde, Afghanistan, Pakistan, Bangladesh, Philippines, etc. Le centre ville est composée de blocs de grands immeubles. Les rez de chaussée sont occupés par des magasins et les étages supérieurs sont des logements. Autour des blocs, des trottoirs, des magasins et des restaurants, des routes goudronnées souvent encombrées. A l’intérieur des blocs, des terrains vagues en terre et sable qui servent de parking le soir et dans lesquels parfois se contruisent de nouvelles tours, des portions de routes qui ressemblent à des pistes du désert et des petites échoppes plus artisanales que celles donnant sur les rues principales.

20131105_019Notre hôtel est situé à l’intérieur d’un de ces blocs. Il abrite une population à l’image de celle du pays : cosmopolite et principalement business (pas vraiment de touristes). Des africains qui ramènent différents colis de marchandises (dont un lot d’amortisseurs qui ont passé qqs jours à l’entrée), de jeunes russes qui attendent des virements de leurs commanditaires et se trimbalent une fois avec une grosse liasse de billets, des indiens, des émiratis, bref toute une faune intéressante à côtoyer : l’accès WiFi est situé dans une pièce à l’entrée et on y passe suffisamment de temps pour observer les allées venues de tout ce petit monde.

Durant ces quelques jours, on organise l’envoi de notre camion (le but de notre venue ici !), réglé en 48h grâce à notre contact sur place qui est plus efficace chez lui qu’en Iran ! On se fait quand même une dernière ballade (Dubaï by night) avant de le quitter. On passe en fait beaucoup de temps dans les embouteillages ou à essayer de trouver notre route. On parcourt la ville un peu dans tous les sens et on finit la soirée au bord de la mer. On trouve une petite portion de plage publique où on laisse les enfants se dégourdir mes jambes ! Le lendemain, la cérémonie des adieux au camion ont lieu dans un terrain vague dans une zone industrielle de Dubaï. On rentre le camion dans un container sur une remorque qui sera amené par camion au port de Jebel Ali pour partir normalement samedi pour Kuala Lumpur.20131106_035

Une fois le shipping finalisé, on peut enfin prendre ces fameux billets d’avion et on se décide pour Bali. La dizaine de jours dont on dispose ne permet pas d’aller en Inde, au Sri-Lanka mais convient pour Bali même si c’est très court ! On apprend en plus que la famille Faure qui voyage comme nous est encore là-bas. On pourra donc les croiser ! Les billets sont donc pris pour le samedi et il nous reste encore deux jours pour profiter de Sharjah car, on est pas aussi pressé de partir qu’on aurait pu le penser en arrivant. On teste plein de petits restos (souvent indiens), on a nos petites habitudes chez l’épicier du coin, Olivier va tenter le coiffeur bangadleshi en face, etc. Le vendredi, on prend le bus pour aller se promener vers le front de mer. Mais le vendredi à Sharjah tout est fermé (magasins, restaurants, parcs) jusqu’à 15h. On erre donc sur les avenues croisant les hommes qui se rendent à la mosquée leur tapis sous le bras, les familles endimanchées qui se retrouvent en attendant de pouvoir trouver un endroit où manger !

En cherchant une activité pour les enfants, on a trouvé sur Internet sur un article vantant les mérites d’un nouveau parc municipal créé récemment vers le front de mer. On y va donc et tout est nickel, tiré au cordeau comme dans tous les quartiers touristiques et d’affaires du pays : pelouses vertes, palmiers, etc. Et pour accéder au parc avec quelques jeux (l’équivalent d’un beau jardin public français), bienvenue dans au pays du business : il faut payer  ! On hésite car c’est exagéré pour profiter de quelques balançoires et toboggans mais il faut savoir parfois acheter la paix sociale et là, on n’a pas d’autres solutions de repli !

En résumé, c’est le pays du business et en discutant pas mal avec les différentes personnes que l’on a rencontrées, c’est ce point là qui revient. C’est un peu l’eldorado pour eux comparé à leur pays d’origine mais ici tout se paye. Les visas ne sont désormais valables que deux ans et même au bout de 14 ans passés ici, le renouvellement du visa reste la règle. D’autres immigrés ne sont ici que pour un temps défini (7 ans par exemple pour le responsable d’un resto indien où l’on a mangé) histoire de mettre de l’argent de côté et rentrer au pays. On a pu sentir auprès des différentes personnes avec qui on a un peu discuté un attachement profond à leur pays d’origine. Étonnante cette facilité à discuter avec les gens, probablement lié à l’anglais, la langue commune à tous même si les dialectes ou langues locales reprennent le dessus quand deux interlocuteurs sont de la même origine.

Le samedi midi, en attendant le taxi pirate que le gars de l’hôtel nous a dégotté pour aller à l’aéroport (un pote à lui qui nous charge dans son vieux 4×4), on se dit qu’on a passé de bons moments ici et que l’envers du décor est souvent le plus intéressant !

 

Bandar Abbas / Sharjah – Ferry


Carnet de route > Iran

5 novembre 2013

Samedi matin, opérationnels de bon matin, tout le monde est sur le pont pour le grand jour. Le camion est rapidement chargé et on attend les nouvelles du transporteur. On les attend un bon moment et on commence en fin de matinée à entamer les relances par email puis en début d’après midi, par téléphone. Nous n’arrivons pas à joindre le bureau iranien du transporteur, on se venge donc sur le standard de notre interlocuteur basé à Dubaï et qui fait l’intermédiaire. Il y a une panne d’électricité au bureau iranien et ils n’ont pas reçu nos mails. On arrive finalement à les joindre vers la fin d’après midi sur le portable d’une commerciale qui nous assure que tout va bien se passer et qu’elle a juste besoin de l’adresse d’enlèvement. Elle restera ensuite injoignable et nous n’aurons pas plus de nouvelles de la journée.
Le lendemain dimanche, on attaque de bonne heure car, si on a un problème de dernière minute, notre plan B est de prendre avec notre camion le ferry pour Sharjah (à côté de Dubaï) le lendemain soir (mais il faut prendre les billets la veille donc aujourd’hui). En fait, on a reçu pendant la nuit un mail de notre interlocuteur à Dubai qui nous conseille de passer directement à l’agence et nous envoie l’adresse et un plan. Après avoir passé un petit bout de temps à chercher sur le plan, on se rend compte qu’il s’agit d’une adresse à Téhéran ! On commence à monter dans les tours et on les prévient que nous sommes à Bandar Abbas et que s’il y a personne ici, on annule tout et on se débrouille de notre côté. « Mais non, pas de problèmes, on va vous trouver quelqu’un qui gère ça ici. Nous avons un représentant sur place, etc. ». On sent que notre contact à Dubaï commence lui aussi à s’échauffer et met dans la boucle le patron de l’agence iranienne mais à Téhéran, on se veut rassurant : demain matin, première heure, quelqu’un prend contact avec vous et c’est réglé dans la journée.
Effectivement lundi matin vers 8h30, premier mail où on nous demande si notre camion est immatriculé en Iran et s’il s’agit bien d’une exportation et non pas d’un transit. Ce n’est bien sûr pas le cas et là, on nous annonce au minimum 3 jours de délai et là, on craque. Nos visas expirent et il est hors de question que l’on quitte l’Iran en abandonnant notre camion. On envoie un mail en annonçant qu’après les 3 jours passés à échanger des dizaines de mail (sans compter les mails précédents de préparation) et les coups de fils à rallonges passés, on annule finalement tout et que l’on va se débrouiller tout seul.
On plie bagages en 10 minutes chrono, on saute dans le camion et on file vers l’agence qui vend les billets pour le ferry au milieu d’une tempête de sable pour couronner le tout. Grâce aux précieuses infos de Vanessa et Romain (www.vanetroamoto.com), on arrive directement dans le bon bureau où le gars de la compagnie nous dit que c’est vraiment juste pour faire les papiers pour un départ ce soir (il est presque 11 heures). Mais, il est drôlement sympa (et son chef aussi, qui me prie de l’excuser car j’ai assisté à une engueulade tandis qu’on attendait dans son bureau) et ils nous font une attestation précisant que les billets seront émis plus tard. Ils nous disent de nous rendre immédiatement au port pour faire toutes les démarches pour le camion au plus vite (tout ferme à 14h). Quelqu’un de la compagnie viendra nous amener les billets le soir au port à l’embarquement.
On file au port où on enchaine au pas de course toutes les démarches. Autant cela avait été pénible à Bazargan, autant à Bandar Abbas, les différents interlocuteurs sont sympas et compréhensifs. On arrive à faire tous les papiers administratifs (une dizaine de bureaux différents) dans le temps imparti (à 1/4 d’heure près). Soulagés, on repart en ville changer de l’argent pour payer les billets au gars de la compagnie (on a laissé un acompte, on avait pas assez sur nous) et acheter de quoi manger. Retour au port pour une après midi d’attente dans le hall avant de finalement embarquer et s’installer dans le ferry vers 19h. On devait partir vers 21h, ce sera finalement 23h.
Après une petite nuit confortablement installés sur les banquettes, on est réveillé par la télé allumée à 6h30 avec un programme de la télé officielle iranienne où l’on subit pendant une heure le monologue de l’Imam Khameni qui s’adresse à une assemblée d’hommes assis en tailleur qui l’écoutent religieusement en hochant la tête. On sort prendre l’air sur le pont et rejoindre les deux cyclos irlandais (www.toycompasseast.tumblr.com) rencontrés la veille et en route depuis Londres vers le Népal. Il est bientôt 9h et on aperçoit les tours de Sharjah et Dubaï au loin.

20131105_026Le séjour iranien nous aura vraiment beaucoup plu malgré les deux derniers jours d’attente inutile et maintenant, il nous reste à affronter les douanes et la police des Émirats Arabes Unis !!!