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Sharjah – km 12296


Carnet de route > Emirats Arabes Unis

9 novembre 2013

Une fois, enfin débarrassés des tracasseries administratives, il nous reste à trouver à nous loger à un prix abordable. Nous décidons de ne pas tenter notre chance à Dubaï situé à quelques kilomètres de là (les deux villes et états se touchent) car les prix y sont plus élevés. Sharjah est un émirat plus strict que celui de Dubaï (pas d’alcool, pas de vêtement au dessus du genou, etc.) et étant moins cher, il permet à tous ceux qui travaillent à Dubaï de se loger ici. On s’éloigne du front de mer et on va tenter notre chance en plein centre ville. Beaucoup de magasins mais peu d’hôtels dans ce coin là. On finit par dégoter un hôtel basique deux étoiles pas vraiment classe mais on est hors budget. On repart en chasse en tablant sur un hôtel 1 étoile (ou sans, si ça existe) et au détour d’un bloc, donnant dans une rue intérieure, on aperçoit une enseigne City Hotel. C’est justement un hôtel une étoile tenu par des indiens où on négocie (tout est possible !) deux doubles côte à côte pour moins de la moitié du prix du premier ! C’est un peu vieillot, ça sent la bouffe indienne un peu partout mais ça fera parfaitement l’affaire.

On se sent rapidement à l’aise dans le quartier. C’est agréable d’être dans cette partie de la ville qui concentre des habitations et des petits magasins : c’est animé à toute heure de la journée et on sent que l’on est dans la vraie vie, à des années lumières d’un hôtel-ressort situé sur la plage à quelques centaines de mètres de là. La population est cosmopolite et vient d’un peu partout autour : Inde, Afghanistan, Pakistan, Bangladesh, Philippines, etc. Le centre ville est composée de blocs de grands immeubles. Les rez de chaussée sont occupés par des magasins et les étages supérieurs sont des logements. Autour des blocs, des trottoirs, des magasins et des restaurants, des routes goudronnées souvent encombrées. A l’intérieur des blocs, des terrains vagues en terre et sable qui servent de parking le soir et dans lesquels parfois se contruisent de nouvelles tours, des portions de routes qui ressemblent à des pistes du désert et des petites échoppes plus artisanales que celles donnant sur les rues principales.

20131105_019Notre hôtel est situé à l’intérieur d’un de ces blocs. Il abrite une population à l’image de celle du pays : cosmopolite et principalement business (pas vraiment de touristes). Des africains qui ramènent différents colis de marchandises (dont un lot d’amortisseurs qui ont passé qqs jours à l’entrée), de jeunes russes qui attendent des virements de leurs commanditaires et se trimbalent une fois avec une grosse liasse de billets, des indiens, des émiratis, bref toute une faune intéressante à côtoyer : l’accès WiFi est situé dans une pièce à l’entrée et on y passe suffisamment de temps pour observer les allées venues de tout ce petit monde.

Durant ces quelques jours, on organise l’envoi de notre camion (le but de notre venue ici !), réglé en 48h grâce à notre contact sur place qui est plus efficace chez lui qu’en Iran ! On se fait quand même une dernière ballade (Dubaï by night) avant de le quitter. On passe en fait beaucoup de temps dans les embouteillages ou à essayer de trouver notre route. On parcourt la ville un peu dans tous les sens et on finit la soirée au bord de la mer. On trouve une petite portion de plage publique où on laisse les enfants se dégourdir mes jambes ! Le lendemain, la cérémonie des adieux au camion ont lieu dans un terrain vague dans une zone industrielle de Dubaï. On rentre le camion dans un container sur une remorque qui sera amené par camion au port de Jebel Ali pour partir normalement samedi pour Kuala Lumpur.20131106_035

Une fois le shipping finalisé, on peut enfin prendre ces fameux billets d’avion et on se décide pour Bali. La dizaine de jours dont on dispose ne permet pas d’aller en Inde, au Sri-Lanka mais convient pour Bali même si c’est très court ! On apprend en plus que la famille Faure qui voyage comme nous est encore là-bas. On pourra donc les croiser ! Les billets sont donc pris pour le samedi et il nous reste encore deux jours pour profiter de Sharjah car, on est pas aussi pressé de partir qu’on aurait pu le penser en arrivant. On teste plein de petits restos (souvent indiens), on a nos petites habitudes chez l’épicier du coin, Olivier va tenter le coiffeur bangadleshi en face, etc. Le vendredi, on prend le bus pour aller se promener vers le front de mer. Mais le vendredi à Sharjah tout est fermé (magasins, restaurants, parcs) jusqu’à 15h. On erre donc sur les avenues croisant les hommes qui se rendent à la mosquée leur tapis sous le bras, les familles endimanchées qui se retrouvent en attendant de pouvoir trouver un endroit où manger !

En cherchant une activité pour les enfants, on a trouvé sur Internet sur un article vantant les mérites d’un nouveau parc municipal créé récemment vers le front de mer. On y va donc et tout est nickel, tiré au cordeau comme dans tous les quartiers touristiques et d’affaires du pays : pelouses vertes, palmiers, etc. Et pour accéder au parc avec quelques jeux (l’équivalent d’un beau jardin public français), bienvenue dans au pays du business : il faut payer  ! On hésite car c’est exagéré pour profiter de quelques balançoires et toboggans mais il faut savoir parfois acheter la paix sociale et là, on n’a pas d’autres solutions de repli !

En résumé, c’est le pays du business et en discutant pas mal avec les différentes personnes que l’on a rencontrées, c’est ce point là qui revient. C’est un peu l’eldorado pour eux comparé à leur pays d’origine mais ici tout se paye. Les visas ne sont désormais valables que deux ans et même au bout de 14 ans passés ici, le renouvellement du visa reste la règle. D’autres immigrés ne sont ici que pour un temps défini (7 ans par exemple pour le responsable d’un resto indien où l’on a mangé) histoire de mettre de l’argent de côté et rentrer au pays. On a pu sentir auprès des différentes personnes avec qui on a un peu discuté un attachement profond à leur pays d’origine. Étonnante cette facilité à discuter avec les gens, probablement lié à l’anglais, la langue commune à tous même si les dialectes ou langues locales reprennent le dessus quand deux interlocuteurs sont de la même origine.

Le samedi midi, en attendant le taxi pirate que le gars de l’hôtel nous a dégotté pour aller à l’aéroport (un pote à lui qui nous charge dans son vieux 4×4), on se dit qu’on a passé de bons moments ici et que l’envers du décor est souvent le plus intéressant !