Parsian – km 11665


Carnet de route > Iran

31 octobre 2013

Ce matin, il s’agit de ne pas de traîner : il faut que l’on fasse près de 1000km sur les deux jours pour rejoindre Bandar Abbas vendredi soir. On quitte donc de bon matin Shiraz direction le golfe persique. La route est très belle mais à la sortie d’un virage, on se fait arrêter par un policier posté à côté d’un radar. On s’est souvent fait arrêter jusqu’à présent aux postes de contrôle (une dizaine de fois en Iran pour l’instant) mais souvent, c’est plus de la curiosité qu’un contrôle réel. Cette fois encore, le policier vérifie juste le passeport et nous laisse tout de suite repartir. Ouf, on n’avait pas besoin de ça pour perdre du temps car l’estomac de Rosalie s’en était déjà chargé un peu avant.
Rosalie qui justement s’endort lorsque les choses sérieuses commencent et que l’on descend vers la mer. La route est magnifique mais là encore un peu sinueuse. On change rapidement de paysage et on laisse les montagnes derrière nous pour s’engager dans la plaine qui borde le golfe.20131031_019-023_
La route se déroule ensuite entre les montagnes rocheuses sur la gauche et la mer (sans qu’on puisse la voir) sur la droite et là on file tout droit au milieu de cette bande désertique. On croise peu de villes en chemin et encore moins d’endroit où manger. On s’organise finalement vite fait un petit pique-nique dans un parc à la sortie d’une ville (pain de mie – thon à l’huile – vache qui rit – biscuit). On avance pas aussi vite que prévu et l’après midi est déjà bien avancé…
On repart donc rapidement car on voudrait essayer de trouver un endroit où dormir à mi parcours du côté de Kangan. La route est peu monotone car les montagnes prennent différentes formes (sur notre gauche). De temps à autre, on croise des troupeaux de chameaux en quasi liberté sur le bord de la route.

troupeau de chameaux en liberté

troupeau de chameaux en liberté

Le soleil se couche encore plus tôt que dans les terres plus au nord et la nuit tombe tandis que nous sommes toujours en train de rouler. On décide de continuer pour atteindre Asaluyeh qui semble être une grande ville (en tout cas qui est fléchée depuis que nous sommes arrivés sur la côte). cette partie là de la côte se révèle être une zone industrielle immense. Sur des dizaines de kilomètres, on longe des usines et des raffineries. La circulation jusqu’à lors quasi inexistante se densifie : semi remorques, bus qui transportent les ouvriers des usines aux villages, motos…

Episode ensuite inoubliable : il fait maintenant nuit noire et la route passe à travers des raffineries où de grands puits brûlent produisant une lumière puissante et une chaleur que l’on ressent en mettant le bras par la fenêtre. L’odeur de gaz est également très présente et la lumière qui illumine tout quand on s’approche d’une cheminée est incroyable. On passe ainsi plusieurs kilomètres à rouler entre ces puits qui semblent surgir de nulle part et qui crachent ces flammes qui doivent mesurer sans exagérer plusieurs mètres de haut.

Il faut que l’on trouve maintenant un endroit où dormir car la conduite devient de plus en plus compliquée : entre les motos qui roulent sans phares, les ralentisseurs qui sortent de nulle part et les furieux qui doublent sans regarder devant, on sent qu’il est grand temps de s’arrêter !
On se fait justement arrêter à un poste de contrôle à ce moment là. On se dit que le policier va nous demander ce qu’on fout là à cette heure là et on dégaine les premiers en demandant s’il y a un hôtel à Parsian (la prochaine « grande » ville). Il acquiesce et nous fait signe de continuer…
Arrivés dans Parsian, on traverse la ville sans voir d’hôtel. On s’arrête demander et un gars nous amène en moto devant un bâtiment devant lequel on était passé mais que l’on aurait pas trouvé tout seul ! Il s’agit d’une pension avec une cour intérieure et des chambres qui donnent sur un balcon qui fait le tour de la cour sur deux étages. A l’intérieur, le réceptionniste un peu surpris nous dégote d’abord une chambre triple puis, quand il voit tous les enfants, nous installe dans une chambre avec deux lits doubles. C’est l’hôtel le moins cher que l’on a payé depuis qu’on est en Iran mais aussi le plus limite question hygiène. Les toilettes sur le palier avec un robinet pour se laver sur la terrasse, le parking dans l’arrière cour au milieu des détritus et au dessus de la fosse sceptique (on va au camion en apnée), les matelas en polystyrène, bref, c’est pas le grand luxe mais pour cette nuit, ça ira.  On va manger au resto d’en face (brochettes de poulet-riz !), une mini ballade en ville pour se dégourdir les jambes et on va se coucher en espérant que la DASS n’aura pas l’idée de nous envoyer un inspecteur cette nuit car, sinon, c’est sûr, on perd la garde de nos quatre enfants d’un coup…

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