Kampot / Kep – km 21695


Cambodge > Carnet de route

6 mars 2014

 

Après ce week-end plage, on reprend la route direction plein est pour rejoindre Kampot. Après une matinée de route, on arrive à destination. 20140303_014Un rapide tour de la ville (et du quartier touristique au bord de la rivière) pour trouver un hébergement abordable et disponible et on atterrit dans une guesthouse ambiance « chill out » (relax, quoi) au bord du fleuve. Il y a des bungalows en bambou dans le jardin et une chambre avec deux lits doubles un peu défoncés et entre les deux un vieux ventilo dans la maison sur pilotis dont la terrasse donne directement dans la rivière (sans rambarde). On pose nos sacs dans la chambre, on mange, on fait un peu d’école et on part passer l’après midi en ville, on verra demain matin ce qu’on fait.

Dans le centre de Kampot, on rencontre une famille allemande elle aussi en voyage : ils sont partis depuis deux ans sans date de retour avec leurs deux filles de 7 et 3 ans. Les loyers de leur maison qu’ils ont mis en location plus quelques économies leur permettent de voyager. L’idée est aussi de déscolariser leurs filles du système scolaire traditionnel pour un apprentissage par l’enfant. On discute de leur démarche pendant que les enfants font une partie de mini golf (!?) dans la guesthouse où ils logent. Il commence à se faire tard et ils partent demain tôt pour le Cambodge, on les quitte donc pour retourner dans notre guesthouse.


Après une soirée zen et une nuit qui l’est un peu moins, on décide le lendemain matin de partir. On détonne un peu dans la guest où tout les autres voyageurs sont en mode zen (musique en sourdine, peu de bruit, les conversations qui se font limite à voix basse, pétard tranquille dans le hamac, …). Un peu trop « chill out » pour une famille avec 4 enfants même si tout le monde a été sympa. De toutes façons, on a mal dormi, les matelas étaient défoncés et les moustiques (ou autres bestioles) beaucoup trop nombreux et agressifs. On repart donc direction Kep, la ville balnéaire de l’époque coloniale située à quelques dizaines de kilomètres et où on espère bien trouver un petit coin sympa pour finir notre séjour cambodgien.
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Là encore, trouver un hébergement dans notre budget n’est pas facile mais on finit par trouver une super chambre avec deux grands lits doubles et une petite terrasse sur une grande place face à la mer ! Cerise sur le gâteau, le resto de la guesthouse est excellent (et pas trop cher). La ville s’étend tout le long de la côte qui est assez peu urbanisée.
20140307_008_011L’une des particularités de la région est d’être l’endroit où est cultivé le meilleur poivre du monde : le poivre de Kampot (même si les plantations sont situées plutôt vers Kep). Nous partons donc un matin visiter une plantation de ce fameux poivre. La plante est une liane qui se bouture et qui donne ce fruit, le poivre. Les plantations sont donc constituées de lianes qui poussent sur des tuteurs protégées par des feuilles de palmiers et arrosées régulièrement. L’engrais utilisé est une mixture à base d’excréments de chauve souris (cf. Battambang). Récolté vert, il est cuisiné frais dans pas mal de plats qu’on a pu mangé au Cambodge. En général, une grappe de grains est utilisé telle quelle dans le plat car il n’est pas très fort (pas autant que séché en tout cas). Pour le poivre noir, le grain est récolté juste avant qu’il devienne jaune puis en ensuite séché.
Pour le poivre rouge et blanc, c’est le fruit rouge qui est cueilli puis séché pour le poivre rouge. Pour le poivre blanc, le fruit rouge est d’abord lavé (pour ôter sa « peau ») avant d’être séché.
On visite aussi le lendemain à Kampot cette fois, une coopérative FarmLink qui se charge de raffiner et de commercialiser le poivre de différents producteurs de la région sous l’appellation IGP (indication géographie protégée) de Poivre de Kampot. Tous les grains, une fois séchés, sont triés à la main et bénéficient donc du label.
20140305_103_105Nous profitons bien entendu de notre séjour à Kep pour goûter le fameux « Crabe sauté au poivre vert de Kampot ». C’est… excellent !
On finit ces quelques jours dans la région en allant visiter le parc national de Bokor. Créée par les colons français, Bokor était une station climatique d’altitude (près de 1000m) qui leur permettaient d’échapper à la chaleur et l’humidité de Phnom Penh. Après une bonne ascension, on arrive au sommet de la montagne sur un large plateau duquel on a une vue magnifique sur la côte. Quelques bâtiments de l’époque restent encore présents, une église et surtout le Casino Palace Hôtel. Ce dernier est maintenant complétement ré-enduit et tout gris. On pensait le voir avec ses peintures décrépites, un peu dans son jus, eh bien, c’est raté. Cela ne nous empêche pas de passer un bon moment à nous perdre et nous cacher dans le dédale des escaliers et des pièces en enfilade.
Le site de Bokor est en pleine mutation. Un groupe pétrolier local a une franchise d’exploitation du site pour 99 ans et a décidé de créer un pole touristique pour les touristes asiatiques. Un immense hôtel a été construit il y a quelques années (au milieu d’un quasi désert) et aujourd’hui plein d’ouvriers s’affairent pour continuer de construire autour des bâtiments qu’on imagine être des restaurants, des centres commerciaux et autres karaokés. Le Palace Hôtel de Bokor est donc en cours de rénovation et devrait être transformé… en une boutique de luxe.
C’est donc dans une ambiance un peu surréaliste que l’on achève notre séjour ici mais un peu à l’image du pays. Le développement est en marche, l’état n’hésite pas à vendre (à brader ?) certaines richesses du pays. Les étrangers (notamment le Vietnam voisin) viennent investir au Cambodge mais la population ne semble pas forcément avoir beaucoup en retour. Il est toujours difficile en quelques semaines de tourisme dans un pays d’avoir un regard très avisé sur la situation mais d’après les conversations que nous avons pu avoir et ce que nous avons pu lire, espérons que les choses avancent (et dans la bonne direction…).20140306_141

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