Fahraj – km 10524


Carnet de route > Iran

28 octobre 2013

Après être sorti d’Ispahan, on prend la route direction Yazd (une des plus vieilles villes du monde) notre étape du jour. On prévoit d’y passer une ou deux nuits dans un des hôtels traditionnels situé dans la vieille ville et peut être d’enchainer une nuit dans une guesthouse dans un village à 30km de là aux portes du désert (on ne s’en lasse pas).
La route est assez longue mais décision a été prise depuis quelque temps déjà de ne plus rater (ou bâcler) la pause déjeuner sous peine de finir l’après midi avec des enfants  grincheux et de mauvais poil. On s’arrête donc au hasard dans une ville après avoir ignoré pendant de nombreux kms les épiceries chips/gateaux/coca avec la ferme intention de trouver un endroit où manger. Et quand on veut, on peut : on tombe presque tout de suite devant un Tourist Inn. On tente notre chance et il est encore ouvert ! un bon repas tranquillement avalé et on repart vers Yazd que l’on atteint en toute fin d’après midi. Après s’être engagé (un peu inconsciemment) dans les petites rues de la vieille ville avec le camion, on se retrouve devant un hôtel complet et d’autres touristes qui nous disent avoir déjà essayé sans plus de succès d’autres hôtels recommandés par le Lonely.
La nuit commence à tomber et il faut prendre une décision : on se consulte 30 secondes et on décide de partir en direction de Fahraj le village à 30kms où il y a une guesthouse que l’on avait repérée. On arrive enfin, non sans se perdre plusieurs fois, à Fahraj et là, commencent nos recherches pour trouver l’endroit. Après un tour du village pour s’assurer qu’il n’y a pas de pancartes, on retourne vers la rue centrale où on tente plusieurs fois notre chance sans succès en montrant notre guide et en prenant notre meilleur accent farsi. Finalement, dans une épicerie, un de gars nous fait signe de le suivre. Il a compris que l’on cherche un endroit où dormir et nous emmène devant la mosquée historique (une des plus vieilles d’Iran) de la ville. Il ouvre le portail, rentre dans la mosquée, allume les lumières au disjoncteur et nous fait comprendre que l’on peut dormir là, sur les tapis. Il s’en va tandis que nous le remercions. On a notre solution de repli mais on va quand même essayer de trouver cette fameuse guesthouse. On se retrouve devant une autre mosquée et là idem, un monsieur nous fait comprendre que l’on pourra dormir là quand la prière sera finie (il y a encore du monde à l’intérieur). On remercie encore et on tente de joindre le numéro de portable du gérant qui décroche tout de suite et envoie quelqu’un nous chercher. En fait, on était juste à côté mais, sans connaitre et de nuit, impossible de trouver.
Et là, on comprend que notre bonne étoile légendaire ne nous a pas quitté (même si on a douté un moment, quand la nuit, la fatigue, la faim aidant, l’ambiance à commencer à se tendre pour décider la solution de repli pour la nuit). Effectivement, l’endroit est super accueillant, les proprios, deux jeunes d’un trentaine d’années adorables et la chambre VIP extra. La guesthouse est une maison traditionnelle retapée impeccablement et notre (grande) chambre est en torchis avec un toit en forme conique avec une petite ouverture centrale pour la lumière. Bref, il faut le voir pour se rendre compte mais l’endroit est parfait pour nous.
Nous retournons le lendemain à Yazd. nous visitons la mosquée (une des plus grande d’Iran) et nous nous baladons dans la vieille ville.

Retour le soir où Fahime la femme de Massoud a préparé un très bon plat. Le lendemain, nous partons pour le désert. Après un petit tour en chameau pour tout le monde, on enchaine avec un tour de 4×4 dans les dunes qui ravit les enfants. C’est vrai que c’est impressionnant et Massoud n’est pas le dernier à en rajouter ! C’est la deuxième fois qu’il fait une sortie avec des enfants et on sent qu’il aime ça. Après un long moment à jouer dans les dunes, on redescend pique-niquer un fameux plat que nous prépare Massoud. L’après midi est déjà bien avancée et on file vers le lac salé. Il s’agit d’une grande étendue de terre recouverte de sel et entourée de montagnes.Les pluies font remonter le sel contenu dans la terre qui forme une croute superficielle. En marchant dessus, elle se craquèle et et s’enfonce un petit peu. Mais c’est surtout la lumière qui est magnifique surtout au coucher du soleil !


Il est maintenant temps de rentrer non sans passer en ville pour regonfler les pneus et recharger le réservoir GPL du 4X4. Le gaz liquide a été abandonné en Iran et remplacé par le CPL. On n’en trouve donc plus dans les stations services. On se rend donc à la périphérie de la ville dans une cour remplie de bouteilles de gaz : trois bouteilles sont retournées à l’envers et reliées à une pompe qui tire le gaz liquide des bouteilles pour remplir le réservoir du coffre de Massoud. On s’écarte un peu car ça sent le gaz mais en 20 minutes on a fait le plein et on repart.
Aujourd’hui lundi, pour notre dernier jour, Fahime et Massoud nous ont organisé une visite d’une école maternelle (kindergarden) suite à une discussion que l’on avait eu la veille à propos de notre voyage et des enfants qui passaient tout leur temps ensemble.
Fahime nous amène donc à Yazd dans l’école où nous sommes reçus comme des invités de marque. On enlève d’abord ses chaussures et on pénètre dans le batiment des petits. On rentre dans une première classe et on s’installe dans un coin. La maitresse parle très fort et chante (également très fort) des chansons en s’accompagnant d’un grand tambourin. Elle encourage les enfants à chanter le plus fort possible. C’est étonnant de les voir s’époumoner pour essayer de chanter aussi fort que la maitresse. On va ensuite dans les différentes classes où à partir d’un certain âge la classe est séparée en deux avec les filles d’un côté et les garçons de l’autre et tout le monde est bien entendu en uniforme. On observe, on discute un peu et on chante quelques chansons en français. Tout le monde nous observe et les enfants sont impressionnés (surtout les nôtres !). Nous rentrons ensuite à Fahraj passer l’après midi tranquillement tandis que Fahime nous montre son santour (une cithare de table – instrument traditionnel iranien) et nous joue quelques morceaux. Dernier repas avec Massoud et Fahime avant de les quitter car demain on reprend la route…