Huay Xai – km 16993


Carnet de route > Laos > Thaïlande

30 décembre 2013

Après avoir, sans succès, cherché une banque pour changer des dollars en prévision de notre passage au Laos demain, nous quittons Phayao pour rejoindre Chiang Kong la ville frontière le long du Mékong. Il existe de belles routes secondaires pour faire le chemin mais nous préférons ménager les enfants (et surtout Rosalie) et prendre la route principale qui mène à Chiang Rai avant de rejoindre Chiang Kong par les petites routes. Nous arrivons vers le fameux temple Wat Rong Khun, « le temple blanc de Chiang Rai », dont l’entrée crée un bouchon sur la route. On n’avait pas prévu d’y aller mais puisque l’on passe juste devant, on ne peut que s’arrêter.

Créé il y a quelques années par un artiste thaï en hommage à l’actuel roi de Thaïlande, ce temple a la particularité d’être blanc, tout blanc avec des éclats de miroir pour réfléchir encore plus la lumière ! Il y a énormément de monde (quasiment que des touristes Thaïlandais) mais on s’engage quand même dans la file pour visiter l’intérieur du temple (en marchant sans s’arrêter). On ne serait pas venu spécialement pour ça mais c’est vrai que c’est assez étonnant.

Nous repartons ensuite pour nous arrêter dans un centre commercial de la banlieue de Chiang Rai où nous déjeunons et allons changer nos euros en dollars pour nos visas laotiens. Emilien nous fait une performance dont il a le secret : une belle gamelle avec éclatage de nez sur l’arête d’un bac à fleurs en béton. Ce n’est pas joli mais à priori rien de trop grave – on espère juste qu’il ne gardera pas de cicatrice souvenir… Au moment de reprendre la voiture pour partir, une voiture est garée au milieu de l’allée nous empêchant de repartir. Après la gamelle d’Emilien, les 2 heures passées à changer nos euros et maintenant, cette voiture, on se dit qu’aujourd’hui est décidément une journée « sans ». Une famille qui passe par là tente de nous filer un coup de main sans succès. Finalement, les gars de la sécurité arrivent avec des roulettes pour soulever et déplacer la voiture ! Il est 15h et on quitte enfin Chiang Rai (toujours dans les bouchons).

Après quelques kilomètres, on se retrouve dans la campagne et on réalise que l’on a pas fait le plein. La jauge étant au mini et vu la route que l’on s’apprête à prendre, il est plus sage de faire demi-tour pour faire le plein même si on doit (et cela ne manque pas) retourner dans les bouchons. Il est 16h et on se remet (une fois de plus) en route !20131230_070

La route est très belle et traverse la campagne : principalement des rizières entourées de montagnes avec des villages de plus en petits. Nous arrivons finalement à l’entrée de Chiang Kong vers 17h30 et on voit la pancarte : Friendship bridge / Laos border à droite. On hésite une demi-seconde puis on se dit qu’on va y faire un tour cela permettra de faire un repérage pour demain matin. On arrive directement à l’entrée du poste frontière qui est quasiment désert. On demande au garde posté à l’entrée s’il est possible de passer la frontière ce soir. Il nous fait signe de prendre la voie réservée aux véhicules particuliers et nous voilà parti pour le Laos. A l’arrache comme d’habitude (on ne se refait pas), on rassemble tous les papiers nécessaires pour le camion et on va se faire tamponner nos passeports. L’officier nous demande un papier pour le camion que l’on aurait du recevoir à notre entrée en Thaïlande. Son chef, très sympa, nous refait le papier manquant et tout est désormais en règle : nous empruntons donc le pont pour traverser le Mékong et rejoindre le Laos. Il fait nuit et on ne profite malheureusement pas de la vue.

En arrivant au poste frontière Laotien, on remplit nos fiches d’immigration et ce n’est pas une mince affaire : à chaque passage de frontière, remplir en 6 exemplaires les différentes fiches immigration, c’est toujours une corvée. Une fois notre visa en règle, il nous reste à régler celui du camion et là, c’est sans appel : il manque (encore) un papier que les Thailandais étaient censés nous donner. C’est des moments comme on les aime et au final nos meilleurs souvenirs de voyage : on fait demi tour, on reprend le pont dans l’autre sens et on revient au poste thailandais pour récupérer ce fameux papier. Au départ, l’officier pense que l’on a juste fait un visa run (pratique qui consiste à se rendre dans un pays limitrophe et re-rentrer immédiatement en Thailande pour avoir de fait une prolongation d’autorisation de séjour). On passe un peu de temps à lui expliquer que les laotiens nous renvoient ici car il a oublié de nous rendre un papier. Avec l’aide de d’un de ces collègues qui parle un peu anglais, on arrive enfin à se comprendre et il revient, en se faisant chambrer par ses potes, avec le fameux papier.

Entre Thaïlande et Laos, au dessus du Mékong

Entre Thaïlande et Laos, au dessus du Mékong

On reprend le pont pour la 3ème fois et cette fois, tout est bon : on est autorisé à rentrer et à rouler au Laos. Il est 20h30, il fait nuit noire, le GPS n’a pas réalisé que nous avions traversé le Mékong, les enfants sont fatigués (nous aussi) et commencent à avoir faim (nous aussi) : tout va bien ! On roule tout de suite en direction de la ville pour trouver gite et couvert pour la nuit. Nous réalisons tout de suite que nous avons changé de pays : la conduite à droite, les routes, les habitations, il fait nuit mais on sent déjà les différences. On trouve difficilement la rue principale de la ville qui fait face à l’embarcadère du Mékong, point de passage des bateaux qui viennent de la Thaïlande en face. On descend au pif dans un hôtel qui a plutôt bonne tête et qui jouxte un restaurant qui est encore ouvert. On prend deux doubles pour la nuit et on essaie, sans succès, d’aller manger dans le resto à côté. On remonte la rue et la vieille dame qui tient une guesthouse à côté accepte de nous faire à manger malgré l’heure tardive. Elle nous amène sa soeur (une mamie elle aussi) qui parle un peu français (on apprenait le français à l’école à l’époque). On apprend nos premiers mots de laotien, on commande des sandwiches pour le lendemain et on va se coucher !

Luang Namtha – km 17217


Carnet de route > Laos

3 janvier 2014

On découvre en se réveillant Houay Xay de jour. Le plus surprenant est la brume qui est particulièrement dense : à notre réveil, on ne voit pas le Mékong qui est pourtant à quelques centaines de mètres de notre terrasse.

On prend un petit déj’, on récupère nos sandwiches chez la mamie d’hier et on repart illico. On revient tout d’abord sur nos pas pour aller souscrire l’assurance du camion à la frontière. On retrouve donc le Friendship bridge IV cette fois ci de jour.

FriendShip Bridge 4

Une fois, en règle chez les AGL (Assurances Générales du Laos), on reprend la route pour Luang Namtha où on a réservé un bungalow pour le 31 et les quelques jours qui suivent.
La route est très belle, goudronnée tout le long et parsemé de beaux virages et lacets à travers les montagnes. La route passe à travers plein de petits villages où la plupart des maisons ne sont pas construites en dur. On the road

Pas ou peu de voitures mais quelques mobylettes. Des cochons, des chiens et des poules en liberté et le plus étonnant est de voir tous ces enfants le long des routes ! Les plus vieux s’occupent des plus jeunes et il n’est pas rare de voir des enfants de 5 ou 6 ans porter sur leurs dos des bébés de quelques mois. L’activité dans ces villages est quasi exclusivement agricole. Pas ou peu de commerces. A part les micro épiceries de villages, pas de station service ou restaurant malgré le trafic important de transit. En effet, la route que nous empruntons est la voie principale qui relie la Chine et le Vietnam à la Thaïlande. On croise de nombreux bus chinois ainsi que des camions de marchandises thaïlandais. Les quelques rares voitures particulières que nous croisons (ou qui nous doublent) sont des voitures haut de gamme (souvent de gros 4×4) immatriculés en Chine.

Pique-nique

Pique-nique

On arrive en fin d’après midi à Luang Namtha et on s’installe dans notre bungalow. Le soir, c’est réveillon : on va manger en ville et on se rentre tranquillement au bungalow où on s’organise une soirée télé avec « E.T. » en première partie. On avait initialement prévu de se regarder entre adultes « Django unchained » mais les enfants ont tellement été impressionnés par E.T. que l’on préfère enchainer avec un « Hook » (Capitaine Crochet) pour les détendre !
Pendant les 4 jours qui suivent, c’est repos intensif : on en profite pour faire pas mal d’école, envoyer les évaluations des enfants au CNED (et ça, c’est du boulot), préparer un petit film de bonne année et jouer aux Playmobil. On sort midi et soir manger en ville et c’est à peu près tout car le temps passe vite même en mode repos.

Nos premières impressions du Laos se confirment : le pays est beaucoup plus pauvre que la Thaïlande, beaucoup plus rural. Les enfants sont beaucoup plus nombreux qu’en Thaïlande (ici, les familles nombreuses sont monnaie courante contrairement à la Thaïlande voisine) mais les épiceries beaucoup moins nombreuses et moins achalandées. D’ailleurs, les prix sont assez élevés car les produits souvent importés. Quand nous allons revenir en Thailande, les 7/11 vont nous paraitre des supermarchés ! Les gens sont tout aussi sympathiques et les paysages magnifiques. Après ces quelques jours de pause, nous sommes impatients de reprendre la route demain matin et continuer notre découverte de ce beau pays…

Luang Namtha

Luang Namtha

Oudom Xai – km 17335


Carnet de route > Laos

5 janvier 2014

Nous reprenons la route après cette pause bien agréable à Luang Namtha pour rejoindre Oudom Xai, ville carrefour entre la Chine, le Vietnam et la Thaïlande, située à 80kms plus à l’est. La route est goudronnée tout le long mais nous mettrons tout de même un peu plus de 3 heures. La route est belle mais serpente à flanc de montagnes et nous impose son rythme.
Un bref arrêt au marché dans un village nous permet d’acheter du sticky rice (on fait l’impasse sur les petites assiettes d’abats divers et variés) et des clémentines. On est rapidement l’attraction du marché et on crée un attroupement de gens qui rigolent et qui veulent toucher les deux grandes (les deux petits dormant dans le camion). Même si l’ambiance est bon enfant (on nous offre même des fruits), les deux grandes sont pressées de repartir…
On rejoint Oudom Xay en milieu d’après midi où l’on trouve rapidement une chambre pour la nuit dans une guesthouse sympa et une bonne adresse pour manger (qui sera notre cantine durant notre court séjour ici). 20140104_085On enchaine par une ballade dans la ville qui est en pleine expansion notamment due à la proximité de la Chine. Beaucoup de décoration, d’inscription en caractères chinois le confirment. La ville est une étape incontournable des différentes routes de transit et également un centre commercial pour la région. Nous parcourons les deux grands marchés : l’ancien – style bazar – et le nouveau – style soviétique – où l’on retrouve les mêmes produits (Made in China) dans les différentes échoppes. On enchaine les magasins de mobylettes, de matériel agricole (avec les fameux mini-tracteurs à deux roues que l’on retrouve partout ici), de fringues ou encore de quincaillerie. Les gens sont sympas et nous apprécions la ballade dans cette ville-étape de transit même s’il n’y a rien de spécial à faire ou à voir. Une dernière excursion autour du musée au sommet de la ville pour Rosalie et Olivier à qui les nombreuses marches à gravir ne font pas peur et on retourne manger à notre cantine.

20140104_081
Le lendemain matin, on commence la journée par un petit déjeuner à la française ou plutôt à la mode « vieille France » : un chocolat chaud (pas du Nesquick, non, un vrai chocolat de grand-mère) dont tout le monde garde un souvenir ému avec une baguette (!) et du beurre.

On quitte la famille qui tient le resto non sans avoir félicité la maman pour son chocolat. Emilien fait ses adieux au petit de son âge avec lequel il a passé la soirée de la veille à courir autour des tables et on reprend la route toujours à l’est direction Nong Khiaw !

Nong Khiaw – km 17453


Carnet de route > Laos

9 janvier 2014

Après donc notre fameux petit déj’, on quitte la ville non sans avoir fait une pause à la station service (les bonnes résolutions de bonne année : ne pas attendre d’être sur la réserve pour faire le plein). Dès la sortie de la ville, la route est sérieusement dégradée. Au fil des kilomètres, les trous se font de plus en plus profonds et le goudron de plus en plus rare. C’est ensuite des tronçons de piste toujours à travers de petits villages très sommaires.

On atteint enfin Pak Mong pour déjeuner : nous aurons donc mis 3h30 pour faire les 80 kms entre ces deux villes.
Pak Mong est une petite ville où s’arrêtent de nombreux bus car c’est l’intersection où la route qui vient du sud se sépare vers l’est et l’ouest. Nous trouvons donc facilement un troquet où manger. Après un examen méthodique de la vitrine où sont proposés les différents plats, nous écartons tout ce qui est un peu trop rock n’roll et finissons par dégoter (bien caché derrière des crêtes de coq et autres pattes de poules) un blanc de poulet et quelques haricots verts pour Rosa. Le tout largement agrémenté de sticky rice et arrosé de Coca (pour faire passer le tout) et l’affaire est faite.

Nous reprenons ensuite la route (en bon état cette fois) et arrivons sans encombres à Nong Khiaw en fin d’après midi. Après avoir visité différents bungalows, nous finissons dans une guesthouse avec deux chambres doubles spacieuses côte à côte avec mini terrasse de surcroit avec une superbe vue sur la montagne et le fleuve.

20140106_009_010

Vue de la terrasse, Meexai GH

Les jours suivants s’enchainent au rythme lao : école le matin, jeux et/ou sieste voire mini-ballade l’après midi. On passe surtout beaucoup de temps dans les différents restos matin, midi et soir à d’attendre nos plats ! Mais ce doux rythme où rien n’est grave, pressé ou urgent est assez agréable. Nous prenons souvent nos quartiers dans un resto avec un petit jardin où les enfants peuvent aller jouer dans leur coin et où nous commandons souvent un barbecue Lao : un pot rempli de charbon sur lequel repose un plat conique autour duquel on verse un bouillon et les différents ingrédients de la soupe. Au sommet du cône, un bout de gras fond et sur les parois, on fait cuire le poulet, bœuf ou poisson. C’est ludique, c’est bon et équilibré bref, on se régale.

20140106_043_046

Vue du pont sur le fleuve Nam Hou, Nong Khiaw

Nong Khiaw est une petite ville situé le long du fleuve au pied de grandes montagnes. Un grand pont enjambe le fleuve Nam Ou et la vue « carte postale » mérite à elle seule de venir jusqu’ici. Ce village est de plus en plus touristique depuis quelques années : les guesthouses et agences de voyage se multiplient même si on est encore loin d’un tourisme de masse car tout cela reste de l’artisanal et il y a peu de réelles attractions ici. Mais tout pourrait changer si le gouvernement décidait de prendre les choses en main pour développer ici un tourisme à grande échelle ou si le projet chinois de barrage situé en amont du fleuve se concrétisait. Pour l’instant, les guesthouses sont tenues par les habitants et les terres appartiennent aux villageois. Mais la multiplication des guesthouses encouragée par des prêts octroyés très (trop) facilement par les banques pourrait changer cet équilibre si elles devaient récupérer ces terres en cas de non recouvrement de créances…


On sort de notre doux rythme lao le mercredi où l’on s’offre (ou plutôt, le père noël Alain nous offre) une journée « trekking » (un bien grand mot pour une ballade !). Avec un guide, nous embarquons de bon matin sur un slow boat, pour rejoindre un petit village un peu plus haut sur le fleuve. C’est un village de pêcheurs et d’agriculteurs accessible à pied ou à mobylette (pas de voitures) ou en bateau et dans lequel l’électricité vient d’être installée il n’y a que quelques mois. On croise les enfants de retour de l’école (située à la sortie du village) mais qui y retournent pour nous faire visiter leurs classes. Les enfants encerclent les nos 4 petits qui se sentent un peu perdus au milieu de toute cette agitation. Cela n’empêche pas Emilien de jouer un peu au foot avec les gars et les grandes de se faire prendre par la main et embarquées par les filles…
On repart ensuite dans notre bateau rejoindre un autre village du même type sur la rive d’en face. Cette fois, nous ne nous attardons pas dans le village et continuons à travers champs et rizières pour rejoindre après quelques kilomètres de marche en forêt une belle cascade. On avait prévu maillots de bain et serviette mais l’eau est tellement glacée que l’on se contente de se tremper juste les pieds. On enchaine par un pique-nique local : porc, nouilles sautées et un mélange omelette-tomates (un peu du genre de celui de Massoud en Iran !) avec du sticky rice. 20140108_P1_082_085

Il est déjà temps de repartir car le soleil se couche tôt ici et il faut refaire le trajet en sens inverse. Tout le monde suit la cadence même si Emilien passe une partie du retour sur le dos de sa mère et Rosalie un petit tronçon sur les épaules de son père. On rejoint le bateau pour une paisible descente du fleuve où nous pouvons observer les buffles le long des rives en train de se baigner ou de paître. Nous rejoignons Nong Khiaw en toute fin d’après midi fatigués mais contents de cette belle journée bien remplie.


Nous décidons de rester encore une journée supplémentaire ici : on se sent bien ici et peu motivés pour rejoindre la ville (Luang Prabang devrait être notre prochaine étape). On continue donc d’avancer l’école sur notre petite terrasse face au fleuve et de recharger les batteries au calme avant de reprendre demain la route et continuer notre descente vers le sud…

Luang Prabang – km 17660


Carnet de route > Laos

15 janvier 2014

Nous quittons donc Nong Kiew et sa douceur de vivre pour rejoindre Luang Prabang la grande ville touristique du Laos. La route serpente toujours dans de beaux paysages de montagnes et on tient bien notre moyenne de 35km/h sur l’ensemble du trajet !20140110_025_030
Nous arrivons finalement en milieu d’après midi où après avoir attendu près d’une heure et demie pour manger (le rythme lao est également de rigueur dans les villes), nous partons à la recherche d’une guesthouse. Il y en a une quantité incroyable mais la plupart affichent complet ou sortent de notre budget. Nous finissons quand même par dénicher la perle rare : une guesthouse pas chère avec deux doubles côte à côte, un espace commun où on s’installera faire l’école le matin pendant toute la semaine et le tout à côté de la vieille ville et du Mekong dans un petit coin populaire et animé près du marché !
On rencontre au goûter une famille de québécois avec deux enfants de l’âge de Félicie et Sidonie avec laquelle nous décidons de monter admirer le coucher du soleil sur la ville en haut du mont Phou Si. C’est un incontournable de toute visite de la ville et effectivement, nous ne sommes pas les seuls à avoir monté les 100m de dénivelé pour admirer la vue ! Nous enchainons avec une soirée barbecue lao : le même barbecue qu’à Nong Kiew mais dans une ambiance radicalement différente. Ici, les nombreuses tables sont toutes équipées d’un barbecue au centre et il y a un grand buffet pour aller choisir ses munitions à discrétion.
Nous retrouvons les mêmes québécois le lendemain pour une visite des cascades de Kuang Si où nous passons l’après midi à se baigner et à plonger pour les gars (sauf Emilien). L’eau est (très) froide mais d’une couleur incroyable. Nous remontons le long des différents bassins et petites chutes pour arriver à la grande chute finale de 60m de haut.20140111_191_198
Les jours suivants, on se repose un peu car Carine a chopé une angine et n’est pas en très grande forme. On en profite pour avancer l’école et faire une petite séance chez le coiffeur en face pour Sidonie, Rosalie et Emilien. Sidonie se retrouve avec une belle frange pas vraiment prévue au programme (la barrière de la langue !). C’est pas grave, ça lui va plutôt bien et de toutes façons, les cheveux, ça repousse. Rosalie a enfin les cheveux moins longs donc moins de cris en perspective le matin pour la coiffer…

Nous profitons du dernier jour pour faire une grande ballade dans Luang Prabang avec traversée de rivière sur pont de bambou. Nous profitons de la vue sur le Mékong et sur la ville en fin de journée. Ce séjour au Luang Prabang nous aura finalement bien plu même si nous étions frileux en arrivant à l’idée de se retrouver dans une ville aussi touristique.20140115_152

Phou Khoun – km 17806


Carnet de route > Laos

17 janvier 2014

Nous faisons nos adieux au papi qui tient la guesthouse et nous reprenons la route vers le sud. Nous hésitons encore à rejoindre la plaine des jarres à l’est ou continuer directement plein sud vers Ventiane. Nous arrivons en milieu d’après midi à Phou Khoun la ville carrefour entre ces deux routes. Nous décidons d’abandonner le détour par la Plaine de Jarres pour s’éviter deux journées de route et ménager les enfants – cela sera un bon prétexte pour revenir au Laos ! – et décidons de poursuivre vers le sud.
Il est près de 15h et tout le monde a faim. On s’arrête au marché de Phou Khoun pour y acheter sticky rice, poulet et poisson grillés et des beignets de patates douces. On pensait passer la nuit dans la ville mais il faut se rendre à l’évidence : c’est une petite ville qui se concentre autour du carrefour, intersection des 3 routes sud, est et nord. La seule guesthouse qui donne sur le carrefour parait très rudimentaire. On hésite mais on se voit mal passer l’après midi et la soirée ici avec les enfants. Il est trop tard pour rejoindre Vang Vieng la prochaine grande ville (très touristique elle pour le coup) mais on se dit, que l’on trouvera bien une guesthouse en route.

Effectivement, quelques kilomètres à la sortie de Phou Khoun, on aperçoit un beau bâtiment avec un panneau Guesthouse  (un panneau LaoBeer, un des innombrables panneaux jaunes que l’on trouve partout au Laos et qui signalent bars, restos et guesthouse).20140117_031_033Un peu étonnée de nous voir débarquer, une jeune fille nous montre une chambre avec deux lits doubles. Parfait, d’autant que la guesthouse fait resto et qu’aller manger en ville aurait été compliqué pour nous.
Les enfants partent jouer au ballon sur le terrain à côté et sont rapidement rejoints par les enfants du village qui viennent les observer puis jouer à côté d’eux à « chat ». Tout le monde nous observe mais personne n’ose trop nous approcher. Le soleil commence déjà à descendre et on profite de son coucher sur la terrasse située à l’arrière du resto qui offre une vue panoramique extraordinaire sur les montagnes.20140116_P1_091_097

Après avoir admiré le coucher de soleil, on retourne dans la guesthouse toujours aussi déserte. On dine dans la grande salle de restaurant (vide) décorée d’une grande fresque, de photos de famille et d’affiches du parti encadrées. Ambiance étonnante ! Idem le lendemain matin, où nous prenons notre petit déj’ toujours tout seuls avant de reprendre la route vers Viang Veng où, pour sûr, l’ambiance ne sera pas la même…20140117_024_026

Vang Vieng – km 17796


Carnet de route > Laos

22 janvier 2014

La route pour rejoindre Vang Vieng s’effectue sans problèmes. Il y a quelques trous et quelques zones sans goudron mais rien de bien méchant et nous arrivons donc en début d’après midi à Vang Vieng.20140117_070

On entre donc dans la grande rue du centre de la ville où se succèdent bars, restos et guesthouse. Un peu perdus, on atterrit dans un resto avec Wifi où on recherche sur TripAdvisor une guesthouse sympa et en dehors du centre. Pour ceux qui ne connaissent pas, Vang Vieng est le repaire de nombreux voyageurs occidentaux qui viennent passer ici plusieurs jours ou semaines à picoler comme des sourds et accessoirement se laisser dériver le long du fleuve sur des chambres à air (Tubing) en s’arrêtant à chaque bar le long du fleuve. Il y a eu de nombreux accidents dus à l’alcool et aux drogues et les autorités ont mis le haut là il y a un ou deux ans. La ville reste encore un peu le repère des australiens et australiennes (entre autres) bourrés qui se baladent en maillot de bain dans les quelques rues du centre ville mais les autorités essaient de développer un tourisme plutôt sportif (escalade, rando, etc.) et un peu moins festif. Nous atterrissons donc dans ce resto où comatent des jeunes allongés dans les canapés en train de regarder Friends (la série américaine) en boucle.
Heureusement, à l’aide de TripAdvisor, nous trouvons une petite guesthouse sympa un peu à l’écart du centre ville avec un espace commun sympa pour prendre le petit déj et faire l’école. On se trouve également deux trois adresses pour manger à côté et où il n’y a pas Friends à la télé (mais plutôt un resto où les enfants regardent des dessins animés avec la petite de la famille qui tient le resto) !

La guesthouse est sympa et on décide de rester à Vang Vieng car en dehors du centre-ville, le reste est plutôt sympa : on part se faire une ballade en vélo et on en profite pour aller visiter la grotte Tham Chang qui se trouve en haut d’un bel escalier ! On finit la ballade en assistant à un décollage de montgolfière (il y a en 2 ou 3 à Vang Vieng des modèles plus artisanaux qu’en Cappadoce et toutes pilotées par des chinois !).

20140119_195Nous allons aussi faire un tour (en camion cette fois) à la cascade de Kaeng Nyui où après quelques kilomètres de pistes et un petit sentier dans la forêt nous atteignons la cascade qui se révèle être un peu feignante, saison sèche oblige…

Et enfin, pour finir notre séjour, nous louons une journée une mobylette et Olivier, Félicie et Sidonie partent faire un tour dans la campagne environnante. Emilien et Rosalie auront aussi droit à leur petit tour de moto mais en ville !20140121_P1_003_006

Nous aurons finalement apprécié notre séjour à Vang Vieng. Même si nous ne sommes pas complètement tombés sous le charme des paysages (probablement dû aussi au fait que le temps assez couvert nous cachait les belles montagnes environnantes), nous avons apprécié l’accueil des gérants de la guesthouse (complètement gagas devant Emilien) et des autres locaux que nous avons rencontrés.

Vientiane – km 18153


Carnet de route > Laos

29 janvier 2014

Nous quittons Vang Vieng et progressivement les montagnes pour rejoindre la plaine. C’en est fini du Laos du nord : nous rejoignons la partie centrale du pays et sa capitale Vientiane. Après avoir dégusté un sandwich en centre ville, on se trouve une guesthouse dans le quartier historique où sont concentrés les touristes. Au programme durant ces quelques jours à Vientiane : un visa run ou autrement dit un aller-retour en Thaïlande pour reprendre un visa Laotien de 30 jours car celui en cours est sur le point d’expirer. On y passe plusieurs heures car on doit faire toutes les procédures pour chacun des pays : sortie du Laos , entrée en Thaïlande puis quelques minutes plus tard sortie de la Thaïlande et entrée au Laos. Journée épuisante pour les enfants (il fait chaud et on n’a pas vraiment prévu de quoi manger).
Nous profitons aussi de l’Institut Français de Vientiane. On retrouve un peu l’ambiance du Centre Culturel Français de Douala où Olivier travaillait il y a une dizaine d’années. Nous avions prévu de passer le samedi matin à la bibliothèque et l’après midi au cinéma. Mais le film projeté n’était pas celui annoncé et pas vraiment adapté pour les enfants et nous avons donc passé toute la journée à la bibliothèque ! Les enfants étaient tellement ravis que l’on y est même retourné le lundi !!!
Nous passons également beaucoup de temps sur les bords du Mékong où un parc pour enfants a été aménagé. Là encore, les enfants sont ravis et peuvent se défouler sans avoir leurs parents toujours sur le dos (et vice versa pour les adultes). Le soir, la route qui borde le Mékong est fermée à la circulation et les habitants viennent y faire leur jogging, jouer au foot ou simplement déambuler. Sur une grande place, des cours de zumba (de la gym avec la musique à fond quoi) et des gens qui se retrouvent pour descendre rejoindre le Mekong plus bas (son lit est bien asséché) et admirer le coucher de soleil sur la Thaïlande juste en face.20140125_P1_022_023

20140121_180_181panoNous rencontrons des français partis en famille dans un camping car aménagé dans un poids lourd Mercedes des années 70. Ils sont en route pour l’Inde en passant par la Thaïlande et la Birmanie. On avait étudié nous aussi l’option « vrai camion » avant de se contenter de notre modeste camionnette mais on est ravi d’aller boire un thé à l’intérieur. Le camion est super beau autant dehors que dedans où l’aménagement est super bien conçu. Cela nous conforte sur notre idée de traversée des Etats-Unis en camping-car…

Konglor – km 18476


Carnet de route > Laos

1 février 2014

Nous quittons Vientiane de bon matin, direction la campagne ! Même si la capitale reste une petite ville (on est au Laos), on a envie de se trouver un endroit tranquille au calme. On reprend donc la route n°13 que l’on a un peu de mal à trouver dans Vientiane : notre GPS affiche souvent de grands carrés blancs et là, il nous propose même de passer par la Thailande pour rejoindre le coin où on voudrait aller aujourd’hui ! De toutes façons, on s’en sert peu ici car il y a en général qu’une seule route goudronnée principale que l’on se contente de suivre. Cela se corse uniquement à l’entrée et à la sortie des villes car il y a très peu de panneaux indicateurs.
Bref, une fois la route trouvée, on quitte rapidement la ville pour se retrouver dans la campagne. L’air est sec et il fait de plus en plus chaud. C’est agréable, on se croirait fin juin dans le sud de la France.
On s’arrête manger dans un resto où Emilien et Rosalie jouent avec les petits des patrons et on repart car nous avons encore pas mal de route à faire.

20140128_072 1

La nuit ne va pas tarder à tomber quand nous devons choisir si nous nous arrêtons dormir dans la ville où se trouve l’embranchement à prendre pour rejoindre Konglor, l’endroit où on aimerait aller. On hésite un peu car il y a assez peu d’hébergements là bas mais on décide quand même de le tenter. On aime bien cette petite pression de savoir si on va trouver un endroit où dormir mais de toutes façons, depuis le début du voyage, on a toujours réussi à trouver (même si c’était parfois périlleux) alors, il n’y a pas de raison…
En arrivant dans le village, il fait nuit et on s’arrête dans la guesthouse que l’on avait repérée mais… c’est complet. Le gérant nous dit qu’il y a une autre guesthouse un peu plus loin. On tente notre chance et heureusement, il reste une chambre.
L’endroit est parfait pour nous et on y reste finalement plusieurs jours. Konglor est un petit village situé au bout d’une petite route qui rejoint une grotte, l’attraction touristique du coin. Tout autour s’élèvent des montagnes qui forment comme un cirque dans lequel s’étendent des champs de tabacs et rizières et quelques petits villages le long de la route. 20140129_P1_017_02220140130_P1_028_033L’endroit est magique et le village, même s’il y a quelques guesthouses (qui affichent souvent complet), reste encore préservé d’un tourisme intensif : il faut dire que beaucoup de gens ne passent qu’une nuit ici car cette grotte est sur l’itinéraire d’une boucle que beaucoup de voyageurs font en scooter au départ de Tha Tek. La guesthouse dans laquelle nous avons atterrit n’est ouverte que depuis quelques mois. Nul doute que le développement du tourisme va continuer et espérons que le village saura s’en accommoder.
Durant ces quelques jours, les enfants du village passent beaucoup de temps devant la guesthouse à jouer avec nous. Les nôtres ont sorti cordes à sauter, poupées et petites voitures. Ce sont les vacances scolaires et les abords de la guesthouse prennent un air de centre aéré…

20140129_102_103

Un matin, nous partons visiter la fameuse grotte de Konglor. Sa particularité : la grotte a été creusée par une rivière et traverse de part en part une montagne. La visite s’effectue donc dans de petites pirogues de 3 passagers maxi équipées d’un moteur avec une hélice assez petite et déportée pour ne pas toucher car certains passages sont très peu profonds. On doit même descendre sur certaines parties car il n’y a pas assez d’eau.
C’est vraiment une super expérience : un mini « voyage au centre de la terre ». La plupart de la traversée s’effectue dans un large tunnel mais il y a un tronçon où l’on peut se balader à pied au milieu des stalactites et stalagmites. Au bout de la grotte, on retrouve le jour et on atteint la vallée située derrière la montagne qui n’a longtemps été accessible que par ce passage. Une petite pause et on refait le même trajet dans l’autre sens pour rentrer à Konglor.


Jour après jour, nous prolongeons notre séjour occupés que nous sommes à flâner dans le village au bord du fleuve, à profiter de la vue sur les champs de tabac et les montagnes qui nous encerclent et à jouer avec les enfants, mais il faut bien se décider à repartir. En cadeau de départ, nous assistons à la mise en service du four à tabac pour notre dernier soirée ici. Tout l’après midi, femmes et enfants ont ramené les feuilles de tabac récoltées dans les champs alentour. Les feuilles sont ensuite transpercées par de petites tiges de bois et ensuite rassemblées sur deux bâtons qui les supportent et qui servent à les accrocher dans le four. Chaque ramette ainsi créée est ensuite amenée dans le four et suspendue (sur 6 étages). On assiste à la paie des enfants (entre 4 et une dizaine d’années qui courent à l’épicerie du coin acheter des bonbons dès qu’ils reçoivent leur billet – l’équivalent d’un euro). Les bonbons en question, ils nous en ont déjà fait goûter et c’est…. spécial. Ils s’agit de longues bandes d’une consistance proche de celle d’un chewing gum mais très épicé. Certains sont même en forme de petits insectes et tout aussi épicés. Ils en raffolent, nous… pas vraiment !
Une fois les enfants et les ouvrières parties, le père et le fils allument le feu qui devra alimenter le four une douzaine d’heures pour sécher les feuilles. Les entrées d’air sont colmatées avec de la boue et c’est parti pour toute la nuit.

20140131_002_005Malheureusement, le lendemain matin, le séchage n’est toujours pas fini et on n’assistera donc pas à l’ouverture du four. Il est temps pour nous de reprendre la route (toujours aussi belle) pour de nouvelles aventures…

Savannakhet – km 18803


Carnet de route > Laos

4 février 2014

Nous quittons donc finalement ce petit coin paisible si bien entouré par ces belles montagnes pour rejoindre Savannakhet notre prochaine étape. La route se passe bien (100% goudron – fini les trous des routes du nord) et nous arrivons en milieu d’après midi. Après avoir un peu galéré pour trouver le centre ville, on cherche les guesthouse d’une vieille édition de Lonely de 2007 mais la plupart n’existent plus. On finit quand même par atterrir à la Souannavong GH où le patron que l’on tire de sa sieste (un Lao quoi) nous trouve une chambre avec deux lits dans le nouveau bâtiment encore à moitié en construction (en tout cas pas encore tout à fait fini). On est les seuls et on profite de l’immense hall au rez de chaussée pour faire l’école et de la cour pour manger et prendre le petit déj’.
C’est dimanche et c’est la période du nouvel an chinois : tout fonctionne au ralenti. La ville qui a déjà la réputation de ne pas être très vivante est presque léthargique.20140203_025_026 On se trouve quand même un resto ouvert (tenu par un couple franco-lao) qui deviendra notre cantine pendant ces quelques jours. On ne fait rien de particulier à part avancer pas mal l’école et se balader dans la ville. Les quelques rues du centre ville ont des bâtiments de l’époque coloniale assez sympa (un peu dans leur jus) et on trouve même une église sur la place centrale de la ville. On admire le majestueux Mékong et avec en face le voisin Thailandais et les bateaux qui font leurs aller-retour. Bref, le temps passe paisiblement et on se sent bien ici…