Bandar Abbas – km 12094


Carnet de route > Iran

1 novembre 2013

Après s’être débarbouillés le visage au robinet, nous quittons rapidement notre gite de la nuit pour reprendre la route. Il n’y avait déjà pas grand monde hier mais là, on est quasiment tout seul car c’est vendredi matin. On roule longtemps dans le désert en ne traversant que de temps en temps quelques villages. Il fait toujours aussi chaud (35°) et la route est toujours aussi belle. On voit désormais beaucoup de greniers de forme conique et on a parfois le sentiment que l’on pourrait être au Mali !20131101_095
L’indicateur de jauge de gasoil continue de descendre et toujours pas de station service en vue (les seules rencontrées ne distribuaient que de l’essence). Massoud nous avait pourtant prévenu : bien faire le plein avant d’arriver à Bandar Abbas, car les stations services sont rares et mal approvisionnées.
En arrivant à Bandar Lenghe, on retente notre chance sans succès dans une station où il n’y a plus de gasoil et dans une autre avec plein de camions et où tout le monde est en train de gesticuler dans tous les sens. En fait, on comprend au bout de 10mn que c’est la fin de la cuve et qu’il n’y aura plus rien avant 17h le soir.
On décide de continuer car, à quelques litres près, on devrait pouvoir arriver à Bandar Abbas mais c’est plus que tendu. De toutes façons, on se dit que si on tombe en panne sèche, on trouver bien un camion pour nous dépanner de qqs litres. Mais, à la sortie de la ville, on retombe sur une station service avec encore une longue file de camions. En faisant le tour (on a enfin compris que l’on a le droit de passer devant tous les camions quand on a un petit réservoir), on se rend compte qu’il y a bien du gasoil. Comme d’habitude, on est un peu l’attraction quand on débarque et rapidement, un jeune camionneur nous fait signe de se garer à côté de lui et il nous remplit le réservoir sur sa carte !
On repart soulagés et le réservoir plein pour les derniers kms de notre dernière étape iranienne. Sur la fin du parcours, on longe enfin le golfe où on l’on admire la mer d’un bleu incroyable mais où le bord de mer n’incite pas vraiment à la baignade. Nous longeons ensuite le fameux port de Bandar Abbas (le principal port iranien) au milieu des semi-remorques chargés de containers et entrons dans le centre-ville désert (on est toujours vendredi !). Après avoir hésité entre les deux hôtels du guide, on choisit le moins cher (et à priori moins bien) mais, bonne surprise, on nous dégote un mini appart’ avec deux chambres et une mini cuisine comme à Ispahan. Le prix est en plus super intéressant, on est ravis ! Après la nuit et la route que l’on vient de faire et vu les quelques jours que l’on va devoir passer ici, c’est une véritable aubaine.
On vide quasiment tout le camion dans l’appart’ pour faire les lessives et préparer les sacs avec lesquels on va désormais voyager et ceux qui resteront dans le camion pendant la traversée. Le soir, on se ballade dans Bandar Abbas qui nous surprend agréablement comme on a pu l’être à Trabzon en Turquie. Effectivement, il n’y a rien à voir de particulier mais l’ambiance est particulière : peut-être est ce le côté arabe (et non plus perse) mais on penche plutôt pour le côté ville portuaire qui ont une ambiance qui les différencie des autres. Effectivement, il y a beaucoup de trafic (!?) de marchandises : plein de petites boutiques où s’empilent des cartons d’écrans plats, d’électroménager et divers produits. Des camionnettes Zanjan qui chargent et déchargent les dit cartons. En se baladant dans le bazar qui n’a en lui même aucun charme (rien à voir avec ceux de Tabriz ou Ispahan), on est frappé par la quantité des produits et leur côté « occidental » (importé ?!). On rentre même dans un immeuble où sont rassemblés plein de boutiques comme on en trouve beaucoup en Iran mais là, on a vraiment l’impression d’être dans un centre commercial occidental. Étonnant.
Bon, maintenant (vendredi soir) tout est quasiment prêt. Demain matin, on descend les sacs qui restent dans le camion et on l’emmène au port. On va bientôt le quitter mais aussi quitter l’Iran. Dès que l’on a confirmation du départ, il faudra que l’on s’occupe des billets d’avion : on hésite encore sur la destination où aller durant la dizaine de jours de traversée du camion mais Bali arrive en bonne position. Les comparateurs de prix de billets d’avion auront le dernier mot mais avant tout cela, il faut qu’on règle notre histoire de camion !

Bandar Abbas / Sharjah – Ferry


Carnet de route > Iran

5 novembre 2013

Samedi matin, opérationnels de bon matin, tout le monde est sur le pont pour le grand jour. Le camion est rapidement chargé et on attend les nouvelles du transporteur. On les attend un bon moment et on commence en fin de matinée à entamer les relances par email puis en début d’après midi, par téléphone. Nous n’arrivons pas à joindre le bureau iranien du transporteur, on se venge donc sur le standard de notre interlocuteur basé à Dubaï et qui fait l’intermédiaire. Il y a une panne d’électricité au bureau iranien et ils n’ont pas reçu nos mails. On arrive finalement à les joindre vers la fin d’après midi sur le portable d’une commerciale qui nous assure que tout va bien se passer et qu’elle a juste besoin de l’adresse d’enlèvement. Elle restera ensuite injoignable et nous n’aurons pas plus de nouvelles de la journée.
Le lendemain dimanche, on attaque de bonne heure car, si on a un problème de dernière minute, notre plan B est de prendre avec notre camion le ferry pour Sharjah (à côté de Dubaï) le lendemain soir (mais il faut prendre les billets la veille donc aujourd’hui). En fait, on a reçu pendant la nuit un mail de notre interlocuteur à Dubai qui nous conseille de passer directement à l’agence et nous envoie l’adresse et un plan. Après avoir passé un petit bout de temps à chercher sur le plan, on se rend compte qu’il s’agit d’une adresse à Téhéran ! On commence à monter dans les tours et on les prévient que nous sommes à Bandar Abbas et que s’il y a personne ici, on annule tout et on se débrouille de notre côté. « Mais non, pas de problèmes, on va vous trouver quelqu’un qui gère ça ici. Nous avons un représentant sur place, etc. ». On sent que notre contact à Dubaï commence lui aussi à s’échauffer et met dans la boucle le patron de l’agence iranienne mais à Téhéran, on se veut rassurant : demain matin, première heure, quelqu’un prend contact avec vous et c’est réglé dans la journée.
Effectivement lundi matin vers 8h30, premier mail où on nous demande si notre camion est immatriculé en Iran et s’il s’agit bien d’une exportation et non pas d’un transit. Ce n’est bien sûr pas le cas et là, on nous annonce au minimum 3 jours de délai et là, on craque. Nos visas expirent et il est hors de question que l’on quitte l’Iran en abandonnant notre camion. On envoie un mail en annonçant qu’après les 3 jours passés à échanger des dizaines de mail (sans compter les mails précédents de préparation) et les coups de fils à rallonges passés, on annule finalement tout et que l’on va se débrouiller tout seul.
On plie bagages en 10 minutes chrono, on saute dans le camion et on file vers l’agence qui vend les billets pour le ferry au milieu d’une tempête de sable pour couronner le tout. Grâce aux précieuses infos de Vanessa et Romain (www.vanetroamoto.com), on arrive directement dans le bon bureau où le gars de la compagnie nous dit que c’est vraiment juste pour faire les papiers pour un départ ce soir (il est presque 11 heures). Mais, il est drôlement sympa (et son chef aussi, qui me prie de l’excuser car j’ai assisté à une engueulade tandis qu’on attendait dans son bureau) et ils nous font une attestation précisant que les billets seront émis plus tard. Ils nous disent de nous rendre immédiatement au port pour faire toutes les démarches pour le camion au plus vite (tout ferme à 14h). Quelqu’un de la compagnie viendra nous amener les billets le soir au port à l’embarquement.
On file au port où on enchaine au pas de course toutes les démarches. Autant cela avait été pénible à Bazargan, autant à Bandar Abbas, les différents interlocuteurs sont sympas et compréhensifs. On arrive à faire tous les papiers administratifs (une dizaine de bureaux différents) dans le temps imparti (à 1/4 d’heure près). Soulagés, on repart en ville changer de l’argent pour payer les billets au gars de la compagnie (on a laissé un acompte, on avait pas assez sur nous) et acheter de quoi manger. Retour au port pour une après midi d’attente dans le hall avant de finalement embarquer et s’installer dans le ferry vers 19h. On devait partir vers 21h, ce sera finalement 23h.
Après une petite nuit confortablement installés sur les banquettes, on est réveillé par la télé allumée à 6h30 avec un programme de la télé officielle iranienne où l’on subit pendant une heure le monologue de l’Imam Khameni qui s’adresse à une assemblée d’hommes assis en tailleur qui l’écoutent religieusement en hochant la tête. On sort prendre l’air sur le pont et rejoindre les deux cyclos irlandais (www.toycompasseast.tumblr.com) rencontrés la veille et en route depuis Londres vers le Népal. Il est bientôt 9h et on aperçoit les tours de Sharjah et Dubaï au loin.

20131105_026Le séjour iranien nous aura vraiment beaucoup plu malgré les deux derniers jours d’attente inutile et maintenant, il nous reste à affronter les douanes et la police des Émirats Arabes Unis !!!