Archives mensuelles : octobre 2013

Doğubayazıt – km 8047


Carnet de route > Turquie

8 octobre 2013

Après un petit déj’ dans une ambiance lugubre, nous quittons Bayburt après quelques caprices du camion pour démarrer (il n’apprécie pas le froid).
Le route est toujours aussi belle : travers des paysages magnifiques. Une grande plaine au milieu de montagnes où nous roulons d’ailleurs un peu trop vite et où on se fait prendre au radar sur la 2×2 voies au niveau d’Erzurum. Les policiers nous arrêtent : 122km/h mesurés au lieu des 110 réglementaires. Ils nous dressent une contravention et au moment où l’on s’apprête à payer, le policier nous fait signe de laisser tomber. Il nous donne la contravention mais nous dit de ne pas la payer et de filer vers l’Iran. On espère avoir bien compris et qu’il nous a pas fait signe de continuer pour aller la payer dans je ne sais quelle administration turque à Doguyabazit. Entre cette contravention et le péage qu’on n’a pas payé deux fois de suite du côté d’Izmir, on va finir par être fiché en Turquie. On verra à la frontière si on nous réclame quelque chose !
Avant d’arriver à Dogubayazit, on s’arrête au milieu de nulle part pour un pique nique express (il fait assez froid et il y a du vent) mais surtout pour essayer de ranger un peu la camion. On voudrait passer la frontière avec le camion le plus clean (!!!) possible.
La grande décision est donc prise : on va se séparer de la tente. C’était prévu mais après plusieurs années de bons et loyaux services, la décision était dure à prendre. Elle nous a été fidèle jusqu’au bout en nous laissant finir notre dernière nuit de camping tranquille mais on sait pertinemment que l’on ait pas près d’en avoir à nouveau besoin (de toutes façons, vu son état…).
Arrivée à Dogubayazit en milieu d’après midi. La ville est effectivement poussiéreuse et très encombrée mais on arrive à trouver l’hôtel. Accueil sympa, on s’installe dans une double et une triple à côté l’une de l’autre. La chambre des enfants et celles des adultes !
On sort le soir pour aller manger sans trouver le resto recommandé par le Lonely Planet d’autant plus dur à chercher qu’il y a une coupure d’électricité dans une grande partie de la ville et qu’on y voit pas grand chose. On trouve finalement un resto sympa où on se régale de brochettes de poulet, moussaka et de riz.
Le lendemain, après une matinée d’école, on se ballade dans la ville qui se concentre autour d’une rue piétonnière marchande où l’on retrouve boutiques de fringues, de chaussures de sport, de téléphones portables, etc puis de différentes rues autour où on retrouve les échoppes plus artisanales avec des vendeurs ambulants qui poussent chacun leurs charrettes avec des légumes, des chaussures ou encore de la lessive. On croise également des moutons en liberté qui attendent d’être vendus et au milieu de tout ça, des voitures qui essaient de se frayer un passage. Cerise sur la gâteau, la rue de notre hôtel est en travaux et un tractopelle creuse chaque jour des tranchées vers chacune des habitations.
Ceci dit, la ville nous plait beaucoup et on décide de passer une journée de plus que prévu. On en profite pour faire les lessives et aller visiter le palais d’Itzak Pacha qui surplombe la ville. En arrivant, une partie des enfants est en train de piquer un roupillon et Olivier en profite pour sortir aller faire une photo sur un monticule à côté du palais. A ce moment là, un blindé arrive et se gare sur le parking. La tourelle se tourne et se fixe un instant sur Olivier qui revient illico sur le parking (il y a des installations militaires en bas à la sortie de la ville et les turcs sont assez tatillons là dessus – surtout dans cette partie du pays). En fait, les militaires profitent de la vue et font eux aussi leur photo souvenir !20131017-154455.jpg
Une fois la sieste terminée, on visite le palais : il a été construit entre le 18ème et 19ème siècle pour héberger le sultan et son harem (c’est d’ailleurs le fils d’Itzak Pacha qui verra le palais fini). Une des particularités de ce palais est d’intégrer un système de chauffage central (inédit à l’époque). Nous apprécions notamment les chambres et la salle de réception du harem et la mosquée qui sont des pièces très belles. Le reste est beau aussi mais il s’agit de grandes pièces en pierres nues et moins « parlantes ».
La vue sur la plaine avec la ville qui s’étend est extraordinaire mais il commence à faire nuit : nous redescendons retrouver la ville et l’hôtel. Derniers préparatifs et demain, on essaie de passer en Iran.

Bayburt – km 7599


Carnet de route > Turquie

6 octobre 2013

On quitte finalement Trabzon de bon matin sous un ciel toujours couvert et on retraverse dans l’autre sens la chaine de montagnes. On s’arrête en chemin voir le monastère de Sumela. On grimpe une petite route de montagne escarpée pour atteindre finalement la falaise surlaquelle s’accroche le monastère. Le paysage environnant est beau mais on voit de l’extérieur qu’une petite partie du monastère. Il pleut et les enfants ne sont pas motivés, on rentre donc au camion sans entrer visiter l’intérieur. On enchaine avec une pause pique nique dans le camion car il pleut toujours et on repart !
En remontant dans les montagnes, la pluie cesse et la route devient particulièrement belle. Nous voyons pour la première fois de notre voyage de la neige ! Le haut des montagnes est enneigé et sur certains tronçons, il y a encore un peu de neige dans les talus.20131007_P1_005_012
Il commence à se faire tard et nous ne pourrons pas coucher à Erzurum sauf à rouler de nuit. Nous décidons donc de tenter notre chance dans les villes moyennes que nous traversons (et il y en a peu !). Après une première tentative et une fausse joie : Olivier croit comprendre que la gentille dame de l’accueil nous fait le prix de deux chambres doubles pour le prix d’une seule (en fait, elle facture la seconde double comme la première : sans compter les enfants supp.). Heureusement, Olivier se fait confirmer le prix car cela paraît un peu trop beau… effectivement.
On continue jusqu’à la ville suivante Bayburt et où on essaie sans succès de négocier dans un premier hôtel. On en trouve un second dans nos prix où on peut prendre deux doubles pour un prix raisonnable. L’hôtel est tenu par deux jeunes religieux avec une longue barbe et l’ambiance n’est pas très… conviviale. Il faut dire que l’on a atterri dans une petite ville de montagne et tout le monde se demande ce que l’on fait perdu ici ! Il n’y a pratiquement que des hommes dehors et quand on cherche un endroit où manger on se demande si on va trouver un endroit où l’on soit un tant soit peu à l’aise. Heureusement, on trouve un petit restau où la patron est surpris de nous voir arriver mais nous accueille avec plaisir.
On rentre à l’hôtel et une chose est sûre, demain matin, on reprend la route !

Trabzon – km 7372


Carnet de route > Turquie

5 octobre 2013

Départ toujours sous la pluie d’Unye et de l’hôtel Ankara que l’on quitte sans regret. Il pleut toujours et on reprend donc la route direction Trabzon que l’on atteint vers 13h.
On file directement tenter notre chance à l’ambassade d’Iran. Le policier qui monte la garde nous fait comprendre qu’il faut revenir à 14h. On en profite pour aller faire des photos d’identité pour Carine et Félicie avec le voile chez le photographe du coin. Retour à 14h à l’ambassade où le consul nous reçoit, vérifie les tampons dans nos passeports et… nous demande de revenir demain matin !
On s’y attendait un peu : il est conseillé de se présenter le matin. La bonne nouvelle c’est que c’est donc ouvert demain (vendredi – jour de fermeture en Iran). On part en quête d’un hôtel et après quelques tentatives infructueuses (faut dire qu’avec notre budget et nos enfants, ça facilite pas les choses). On se trouve un hôtel où le gars conciliant accepte de nous installer un matelas supplémentaire par terre dans une chambre triple avec un prix négocié. La chambre n’a pas de fenêtre, l’hôtel est sur le bord de la nationale mais bon, ça nous suffit amplement.
Vendredi matin, nous nous présentons donc au consulat à l’ouverture. Nous remplissons tous les papiers (et ça en fait à 6 !), prises d’empreintes digitales, entretien avec le consul et on nous donne enfin le fameux petit papier où figure le numéro de compte en banque sur lequel aller faire le virement pour les visas. Virement que l’on s’empresse d’aller faire à la banque puis on va manger pour fêter la bonne nouvelle !
L’après midi, on va au bazar pour acheter foulards, robe longue et divers vêtements (Trabzon est réputé pour ses prix intéressants pour les fringues). On passe un moment sympa dans le bazar : les prix se négocient en douceur et les vendeurs sont amusés de nous voir débarquer là. Bonne ambiance.
On récupère sans encombres nos visas à 16h pétantes et on décide de rester un jour de plus dans cette ville que nous trouvons finalement plutôt sympathique. Il faut dire qu’il pleut un peu moins !
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Le lendemain, on essaie de faire un peu d’école et on sort en ville acheter un manteau pour Olivier (indispensable désormais). Pique nique dans un parc avec jeux pour enfants puis on va changer les pneus du camion. Super accueil encore une fois au garage où tout le monde est aux petits soins. On fait beaucoup sourire les turcs avec nos 4 enfants. Emilien remporte systématiquement tous les suffrages avec ses grosses joues que tout le monde s’empresse de pincer ! On veut souvent le prendre dans les bras et Emilien a maintenant l’habitude et se réfugie dans nos jambes dès qu’il sent qu’il va se faire soulever !

Dernier repas en ville dans une petite lokantası à côté de l’hôtel et on enchaine même par de petits gateaux (délicieux) dans une patisserie à côté. C’est décidé demain on quitte Trabzon pour rejoindre l’est du pays et la frontière iranienne.

Ünye – km 7027


Carnet de route > Turquie

2 octobre 2013

Départ précipité de Göreme (où nous avions initialement prévu de passer encore 2-3 jours) en images :

Il s’agissait donc bien de nos dernières nuits de camping ! Ce départ de dernière minute bouleverse un peu nos plans par rapport à l’obtention de nos visas pour l’Iran. Nous avions initialement prévu de récupérer nos visas à Erzurum en passant via une agence iranienne. La dite agence nous a prévenu que la visite de l’Iran avec son propre véhicule nécessitait depuis peu l’accompagnement d’un guide (présence soit disant vérifiée scrupuleusement par la police).
Nous avons donc changé de tactique et décidé d’aller tenter notre chance en début de semaine prochaine à Trabzon où le consulat est connu pour son incroyable capacité à délivrer des visas en 24-48h (il faut en général compter une semaine ailleurs) et sans autorisation de séjour ! La route est longue jusqu’à Trabzon (2 ou 3 étapes minimum) et cela risque de nous bloquer le week end là-bas. Nous n’avons eu pour l’instant que des échos négatifs sur cette ville. Bref, on verra ça quand on y sera…
Pause pique nique le midi dans un parc au bord de la nationale. Des élèves collège à côté prennent leur pause. Quelques uns viennent nous aborder en anglais en rigolant ! Le gardien du square insiste pour nous offrir un thé ou un café. Olivier passe donc un petit moment assis sur une chaise dans la guérite à boire un Nescafé avec le gardien qui a vécu 8 ans en Allemagne. On parle un mélange de turc et d’allemand mais on arrive à se comprendre.


On repart ensuite et on attaque la montagne qu’il faut franchir avant de redescendre sur la mer Noire. Les paysages sont magnifiques depuis longtemps mais en fin d’après midi, la traversée de ces villages de montagne au milieu des nuages, c’est vraiment magique. En redescendant vers la mer, c’est une pluie de plus en plus violente qui nous attend. A Unye, c’est sous l’orage que l’on cherche un endroit où dormir. Le plan bungalow qu’on avait vu sur le Lonely Planet est fermé (vu le temps, c’est évident que la saison est belle et bien terminée). On se trouve un hôtel au pif dans lequel on négocie deux doubles communicantes : le top ! L’hôtel est un peu hors d’usage (la pluie s’infiltre un peu partout) et un peu limite question propreté mais pour un soir d’orage à 7 heures du soir en pleine nuit, ça ira bien ! On se bricole discrètement un pique nique de fortune dans la chambre et zou, au lit. On y verra plus clair demain !

Göreme – km 6560


Carnet de route > Turquie

Après la longue traversée de la steppe anatolienne, nous retrouvons la Cappadoce où nous avions déjà séjourné il y a une dizaine d’années. L’endroit est toujours aussi magique. D’autant plus que nous avons finalement choisi l’option camping et que le camping en question (Kaya) est particulièrement sympa : la vue est magnifique, il y a de super douches avec eau chaude, une grande cuisine commune et de l’espace pour les enfants.
Les nuits sont particulièrement fraiches : on dort habillés et on sort les manteaux pour prendre le petit déj’. Nous alternons école et ballades avec notamment la visite de la cité souterraine de Kaymakli. Il s’agit d’un réseau de galeries creusées distribuant différentes pièces l’ensemble s’étendant sur plusieurs étages sous terre. Le côté ludique n’échappe pas aux enfants : on en oublie la claustrophobie et on suit le chemin (balisé) qui nous mène plusieurs mètres sous terre à travers des chatières où nous (les adultes – parfois les deux grandes) sommes obligés de nous accroupir pour passer.

On profite de ce long séjour (6 jours !) pour rattraper notre retard de lessives. On va également une journée à Kayseri où on débarque comme des fleurs à 11h chez le concessionnaire VW pour savoir s’il peut nous prendre le camion pour une vidange. Le planning est complet et il reste au mieux une place pour le lendemain. Avec la gentillesse qui caractérise tant les turcs, notre interlocuteur finit par nous emmener voir le chef d’atelier qui nous arrange le coup et s’occupera du camion dans le journée. Ni une, ni deux, il faut dégager du camion pour le laisser à l’atelier et surtout monter dans la navette du garage qui nous attend pour nous déposer, avec les autres clients, dans le centre ville. Il est donc 11h et il faut nous occuper jusqu’à 17h – heure où nous pouvons récupérer le camion. Nous passons un moment au nouveau centre commercial, fierté de la ville, qui ressemble désespérément à tous les centres commerciaux. Puis nous passons une grande partie de l’après midi dans le parc avant de retourner en tramway au garage. On récupère notre camion avec moult porte-clés et bonbons. Petit épisode pour souligner cette gentillesse turque dont nous bénéficions chaque jour et qui nous permet de toujours retomber sur nos pattes !
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Le plus magique reste quand même les montgolfières qui rythment nos petits déjeuners. Un matin, on descend même assister au gonflage et décollage (lever à 5h !).
Le clou du séjour restera le cadeau d’anniversaire de Carine : un vol en montgolfière accompagnée de Félicie et Sidonie (merci au responsable du camping Kaya de nous avoir si bien négocié le coup (et le coût !)). Une heure à flotter au dessus du paysage incroyable de cette région où l’érosion a formé un paysage si particulier (cheminées de fée, canyons, pitons, etc.).

L’endroit et l’ambiance nous ont autant plu que la dernière fois. Pour un endroit si touristique, nous nous y retrouvons quand même et nous y reviendrons sûrement notamment pour un tour en montgolfière pour Rosalie, Emilien et Olivier et pour pouvoir randonner dans ces paysages si magiques.